Jour 7 : Etna Sud

 

L'Etna est l'un des plus hauts volcans d'Europe et aussi l'un des plus actifs au monde ! Du haut de ses 3 350m, il domine majestueusement toute la moitié orientale de la Sicile. Mardi 05 août, au septième jour de notre circuit en Sicile, nous avons entrepris son ascension par son flanc Sud. Alors que nous étions un peu inquiets avant notre départ (nous ne savions pas exactement quels sentiers nous allions trouver ouverts ou non, en raison de l'éruption en cours), la journée s'est parfaitement déroulée. Retour en texte et en images sur notre "première volcanique" !

 

Etna, vue d'ensemble (d'après Etna Walk)

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Le matin, il a d'abord fallu préparer nos sacs à dos. Outre nos chaussures de randonnée, nous y avons glissé polaires et coupe-vents (de quoi ne pas avoir froid à 3 000m d'altitude). Comme chaque jour, nous y avons aussi glissé crème solaire, lunettes de soleil, gourdes d'eau et pique-niques. Enfin, nous avons ajouté à nos paquetages nos chèches, au cas où nous aurions à marcher dans des zones de fumerolles ou sous des vents chargés de poussières. Ceci fait, nous avons pu démarrer notre approche du volcan, d'abord en voiture.

Notre route nous a d'abord menés jusqu'au petit village de Nicolosi, entrée Sud dans le massif de l'Etna (qui fût classé parc national en 1987 puis patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO en 2013). De là, une petite route en lacets assez longue nous a permis de monter jusqu'au lieu dit "refuge de Sapienza" situé à 1 900m d'altitude. Cette route s'est avérée d'emblée spectaculaire puisque taillée dans une coulée de lave ayant jadis fauché quelques maisons.

Etna Sud, route entre Nicolosi et Sapienza

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Arrivés à Sapienza, plus qu'un "refuge", nous y avons trouvé un site très aménagé : vaste parking de délestage pour voitures et cars de touristes, restaurants, boutiques de souvenirs... Le site est très exploité mais c'est aussi ce qui le rend facilement accessible. Pour le parking, il vous faudra compter 6 Euros pour la journée (tarifs en vigueur à l'été 2014). Notre randonnée a alors pu commencer par le petit tour du Crateri Silvestri (accès direct depuis le parking), très facile mais joli : une bonne entrée en matière.

Etna Sud, tour du Crateri Silvestri à Sapienza

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Ensuite, il nous a fallu commencer notre ascension. Un premier palier à atteindre est le point d'altitude 2 400m. Pour ce faire, deux solutions existent : il est possible de prendre une télécabine de la compagnie Funivia dell'Etna (comptez environ 30 Euros par personne A/R) ou bien de grimper sur un sentier zigzagant sous le linéaire du câble. Jugeant que cette première partie de l'ascension ne serait sans doute pas la plus belle, nous avons préféré garder nos forces pour la suite et prendre une cabine. Pour plus de détails, vous pouvez consulter le site de la compagnie ici.

Etna Sud, les cabines de la Funivia dell'Etna et le parking de Sapienza (source : Wikipédia)

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La seconde étape de l'ascension a ensuite consisté à atteindre le point d'altitude 2 900m, également appelé "tour du philosophe". C'est en effet de là que le philosophe Empédocle se serait jeté dans la bouche de l'Etna abandonnant, sur les bords du cratère, ses sandales. Là aussi, deux solutions existent pour cette partie de l'excursion : il est possible de prendre des minibus 4*4 affrétés par la Funivia dell'Etna (tickets mixtes combinant télécabine + montée à la tour du philosophe en 4*4) ou bien de le faire à pieds. C'est cette portion qui a constitué notre randonnée à proprement parler.

Etna Sud, les minibus de la Funivia dell'Etna

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C'est donc de 2 400m que nous avons commencé notre marche. Celle-ci a démarré dans des champ de scories. Rappelons que, lors d'une reprise d'activité volcanique, du magma commence par remonter de la chambre magmatique vers la surface. Ce faisant, une baisse de pression survient ce qui entraîne la séparation entre le magma au sens strict (de la roche en fusion) et ses gaz jusque là dissous. Les bulles formées vont alors remonter vers la surface, tout en grossissant, et leur éclatement va provoquer en surface des projections de matière. Ce sont ces projections qui retombent au sol sous forme de blocs pour les plus grosses (on parle alors de bombes) et de graviers et poussières pour les plus fines (on parle alors respectivement de lapillis et de cendres). L'ensemble forme ce que l'on appelle les scories. Pour les randonneurs, y marcher est une expérience extraordinaire tant on croirait fouler des cendres lunaires.

Etna Sud, traversée des champs de scories

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Ensuite, nous avons marché à coté d'une ancienne coulée de lave aux formes saillantes et torturées qui tranchait totalement sur le sol meuble des scories. Dans le dynamisme éruptif, le jaillissement de la lave correspond toujours à la phase terminale lorsque le dégazage est tel qu'il finit par entraîner à l'extérieur de la cheminée d'alimentation volcanique toute la lave incandescente (un peu comme une bouteille de soda que l'on aurait trop agiter avant de l'ouvrir). Ici, la coulée provenait clairement de l'un des cratères sommitaux (au nombre de quatre pour l'Etna : Voragine, Bocca Nuova, Nord-Est et Sud-Est) sans que nous ayons très bien su dire duquel.

Etna Sud, bombe volcanique sur un champ de scories et ancienne coulée de lave issue d'un cratère sommital

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La dernière partie de notre ascension nous a permis d'atteindre la fameuse tour du philosophe. A ce point, il n'était plus possible de monter au-delà (les sentiers étant fermé pour cause de sécurité). Cela a donc marqué la fin de notre excursion après 500m de dénivelé. Petite photo en mode "un peu fiers" face aux sommets fumants couverts de soufre.

Etna Sud, on immortalise notre arrivée à la tour du philosophe

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Pour clore cette magnifique journée, nous avons encore fait, depuis la tour du philosophe, le tour du "petit" cratère 2002-2003. Du centre de celui-ci jaillissaient des fumerolles que nous avons pu observer de très près. Sous les couches de cendres volcaniques, nous avons pu constater la présence de nombreux névés, protégés de la fonte par cette couche très isolante.

Etna Sud, cratère 2002-2003

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Enfin, est arrivé le moment de redescendre avec un passage par le cratère Laghetto.

Etna Sud, cratère Laghetto

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Au final, c'est une excursion que nous recommandons vivement lors d'un circuit dans la région. C'est même un incontournable ! Le site est grandiose et l'on n'y trouve pas un mais des dizaines de cônes et de cratères entre lesquels les itinéraires sont nombreux (presque inépuisables). En plus, chaque éruption redessine le paysage ! Les signes d'activité sont impressionnants (des grondements provoquant des vibrations aux colonnes de fumées). On se sent (très) petit. De surcroit, les aménagements du site permettent réellement de personnaliser sa journée avec des possibilités qui combleront les moins sportifs jusqu'aux marcheurs confirmés. Une expérience de la nature à ne pas manquer !

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