Jour 8 : ascension du Teide (partie I)

 

Mercredi 3 août, nous nous sommes lancés dans LE voyage dans le voyage, celui qui allait nous demander deux jours d'effort : monter au sommet du Teide, point culminant de l'île de Tenerife (3 718m) et par la même occasion de l'Espagne, troisième plus haut volcan au monde ! Précisons de suite le sens de cette statistique : le Teide, et plus généralement l'île de Tenerife, appartiennent à l'archipel des Canaries, alignement de volcans nés d'un magmatisme de point chaud au fond de l'océan Atlantique. Les sept îles de l'archipel (Fuerteventura, Lanzarote, Gran Canaria, Tenerife, La Gomera, La Palma et El Hierro) correspondent ainsi chacune à un volcan qui, devenu suffisamment volumineux, a pu émerger. Lorsque l'on mesure leur altitude, elle s'entend donc de leur base sous-marine à leur sommet. Le Teide se classe alors au troisième rang mondial derrière deux volcans hawaïens.

Pour entreprendre cette ascension du maître de l'île, nous sommes partis très tôt le matin de notre appartement de Puerto de la Cruz et avons fait la route désormais familière jusqu'au Parc national (Parque nacional del Teide, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO). Une fois entrés dans le parc, nous avons marqué deux arrêts en bord de route pour admirer deux paysages significatifs (parmi tant d'autre) : un petit cône volcanique égueulé juste à gauche de la route TF-21 après El Portillo puis les Minas de San Jose. Pour nous suivre dans le parc, voici son plan.

 

Entrée dans le Parc national du Teide (en haut) et Minas de San Jose (en bas)

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Notre impression générale a été exactement la même que lors de notre première visite lors de laquelle nous avions randonné autour des Roques de Garcia : celle de débarquer sur une autre planète, géologiquement exceptionnelle. Le point de départ de la randonnée du jour a été trouvé sur le bord de la TF-21, un peu avant le téléphérique, au lieu dit "parking de la Montaña Blanca". C'est de là que nous nous sommes lancés sur le sentier n°7 (selon la nomenclature du parc), un peu fébriles car réputé difficile.

Sentier n°7, point de départ

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La première partie de notre randonnée a démarré gentiment sur les pentes douces de la Montaña Blanca. Le sentier était parfaitement délimité par des cailloux posés de part et d'autre, la pente assez faible. Jusque là, pas de problème. Nous en avons alors profité pour admirer les paysages avec comme souvent, à l'horizon, la mer de nuages et, par moments, de belles vues sur La Fortaleza (petit morceau isolé de la caldeira qui constitue le périmètre du Parc national). Ici, nulle végétation, comme il y en avait sur la Corona forestal à l'extérieur de la Caldeira. C'est vraiment l'aridité extrême qui étonne dans ce cœur de l'île.

Sentier n°7, vues sur La Fortaleza

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Toujours dans la première partie de la randonnée, nous avons traversé une zone géologiquement curieuse : celle des "Teide eggs", de grosses boules de roche volcanique sombre dispersées sur les pentes claires de la montagne blanche. Selon les scientifiques, ces "œufs" se seraient formés lorsque des morceaux de lave consolidés se seraient mis à rouler sur une pente de lave plus fraiche entraînant autour d'eux de la matière qui les aurait fait grossir (à la manière de boules de neige). Au milieu de ces curieux objets, petite séance d'escalade improvisée.

Sentier n°7, les "œufs" du Teide

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Et puis la randonnée s'est soudainement corsée sur sa deuxième partie. A l'approche des récentes coulées de lave, tranchant dans le paysage par leur couleur sombre, le terrain a radicalement changé : des douces pentes de matériaux fins et clairs, nous sommes passés à des chaos de roches volcaniques sombres et très escarpés. C'est à ce moment que les difficultés ont commencé. Marjorie, qui est plus sportive que moi, a évolué à son rythme et m'a vite distancé. Quant à moi, je ne regardais plus que mes pieds pour les poser au bon endroit sans chuter et comptait mon souffle à chaque virage. C'était effectivement "difficile", comme annoncé sur le panneau en début de sentier, mais il fallait continuer. Au milieu de l'après-midi, lorsque je suis arrivé au refuge d'altitude (Refugio altavista, 3 260m), Marjorie m'y attendait depuis une heure environ. Nous avons doucement récupéré de nos 1 000m de dénivelé vertical et avons savouré le succès de cette première partie. Pour la nuit, nous avions une nuit réservée au refuge donc, à cet instant, plus d'inquiétudes, que du bonheur.

Sentier n°7, arrivée au Refugio altavista et coucher de soleil

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Pour tout renseignement concernant le gite, vous pouvez consulter son site très complet ici. Attention, en haute saison, il est obligatoire de réserver et parfois plusieurs mois à l'avance. C'est le prix à payer pour passer une nuit exceptionnelle au milieu des étoiles et pouvoir accéder au sommet du Teide pour le lever du soleil.

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