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Costa Rica, de la cordillère centrale à la côte Pacifique

 

Durant le mois de janvier 2024, je suis parti au Costa Rica pour une durée de 15 jours. Coincé entre le Nicaragua au Nord, le Panama au Sud, la côte Pacifique à l'Ouest et celle des Caraïbes à l'Est, ce petit pays d'Amérique centrale, le premier que j'ai visité, a érigé en priorité nationale la protection de sa nature et le développement d'un tourisme vert. Ainsi, entre ses parcs nationaux et ses réserves naturelles privées, des volcans à la plage en passant par la jungle, tout est ici ode à la vie sauvage et les animaux ne sont jamais loin. Ajoutons à cela la gentillesse des locaux (les ticos et les ticas) et vous avez là l'ensemble des ingrédients qui font de cette destination un petit paradis terrestre où les hommes semblent avoir trouvé la formule d'une vie harmonieuse entre eux et avec leur environnement.

Dans cet article, je vous livre tous les détails de l'itinéraire que j'y ai suivi pendant quinze jours, en mode road trip pour pouvoir voir du pays. Pour chaque étape, je vous ai indiqué les informations relatives aux trajets, les activités faites sur place avec leurs tarifs ainsi que des adresses où manger et dormir. Un récit qui, je l'espère, pourra vous inspirer et vous aider à organiser votre propre voyage ! Vous me suivez ?

 

J1 - Autour du volcan Poas

 

Mon voyage au Costa Rica a débuté jeudi 11 janvier 2024. Ce matin-là, je me suis réveillé de bonne heure à l'hôtel Casa Tago d'Alajuela après y avoir passé la nuit (du fait d'une arrivée tardive la veille au soir à l'aéroport de San José). Étant déjà en possession de ma voiture de location, récupérée dès l'arrivée, j'ai pu me lancer de suite dans mon circuit. J'ai donc pris la route vers 7 h direction le volcan Poas. Première bonne surprise : alors que j'avais lu tout et son contraire avant mon départ, le trajet, d'environ 1 h, s'est passé sur une route (la 130 puis la 120) d'excellente qualité et entièrement goudronnée, et les paysages tropicaux de défiler. Arrivé à destination, je me suis présenté au Centro de Visitantes où j'ai montré ma preuve de réservation (faite en amont sur le site du SINAC, prix = 15 $) et payé les frais de parking (5 $). Je suis alors allé me garer et j'ai pu démarrer ma visite qui a consisté en une courte marche d'environ 20 minutes sur un chemin entièrement goudronné et accessible à tous, lequel m'a conduit jusqu'à une plateforme d'où j'ai pu découvrir l'intérieur du cratère du volcan ! Celui-ci s'est avéré impressionnant de part sa taille (1 300 m de circonférence, 300 m de fond), son lac d'acide l'occupant partiellement et ses signes d'activité : fumerolles et marmites de boue bouillonnantes (encore appelées mud pots par les anglophones). Un premier grand moment dans mon voyage !

 

Volcan Poas, Costa Rica

 

Volcan Poas

 

 

J'ai ensuite repris la route pour rejoindre la deuxième étape de mon itinéraire du jour : Cinchona. Pour cela, j'ai partiellement fait demi-tour puis bifurqué vers le Nord par la 126. Sillonnant entre des collines verdoyantes, je me suis laissé surprendre, au détour d'un virage, quand m'est apparue la cascade de La Paz (visible depuis la route). Encore quelques kilomètres et j'ai atteint, après 45 minutes de route, le Soda de Madera Y Mais où je me suis arrêté pour prendre mon déjeuné face à des gorges noyées dans la végétation. Le ventre rempli, je me suis alors engagé dans l'activité de l'après-midi : descendre dans ces gorges via le Cinchona Waterfall Trail. Pour ce faire, j'ai dû m'acquitter du prix de 20 $ (le sentier se trouvant sur un terrain privé) avant de me lancer. Le chemin s'est avéré exigeant, boueux et souvent glissant, très pentu (nécessitant par moments de s'aider de cordes installées en guise de mains courantes). Mais quelle récompense que les magnifiques vues sur les cascades dont Catarata San Fernando. Comptez au moins 2 h A/R pour atteindre le fond des gorges (possibilité de baignade), une troisième heure pour passer voir les autres cascades.

 

Catarata San Fernando, Cinchona Waterfall Trail, Costa Rica

Catarata San Fernando

 

Après ce passage quelque peu physique, j'ai repris la route vers le Nord en direction de ma première ville étape : La Fortuna. Pour cela, j'ai emprunté successivement les routes 126, 140, 744 et 4 (itinéraire d'excellente qualité et entièrement goudronné). En chemin, j'ai eu la chance de croiser, sur le bord de la route, un groupe de coatis à nez blanc (Nasua narica). Des différents mammifères présents au Costa Rica, ce sont ceux que j'ai vus le plus souvent puisque leur curiosité, et leur recherche de nourriture, les amènent souvent à se rapprocher de l'Homme. L'occasion de rappeler que l'on ne doit jamais nourrir un animal sauvage (pour ne pas altérer sa santé ni son comportement). Sur le plan morphologique, ces cousins des ratons-laveurs se reconnaissent bien à leur long nez (terminé par une truffe très mobile leur servant à fouiller le sol), leurs taches blanches (sur le nez, les joues et autour des yeux) et leur longue queue épaisse légèrement annelée.

 

Coatis à nez blanc

 

Après 1 h 45 de route depuis Cinchona, j'ai atteint en fin d'après-midi ma destination, La Fortuna, où je me suis installé pour deux nuits au Habana River Lodge and Sanctuary (prix = 31 € / nuit). J'y ai trouvé un logement impeccable (bien situé, au calme, dans un cadre naturel d'exception, propre, confortable et bien équipé) et un hôte très accueillant (Emmanuel et sa famille). A conseiller sans hésitation.

 

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J2 - Autour du volcan Arenal

 

Pour mon deuxième jour au Costa Rica, je me suis réveillé, toujours de bonne heure, au Habana River Lodge and Sanctuary après y avoir passé une très bonne nuit. Je me suis alors préparé pour aller randonner autour du volcan Arenal. Lorsqu'on se trouve à La Fortuna, l'Arenal, c'est cet imposant voisin que l'on voit d'un peu partout (si tant est qu'il ne soit pas caché par les nuages). Avec ses 1 657 m d'altitude et sa forme conique quasi parfaite, il est la toile de fond qui magnifie la région ! Pour me rendre au parc national qui l'héberge, j'ai dû rouler vers l'Ouest une trentaine de minutes sur la 142 avant de trouver, sur la gauche, la bifurcation menant au Centro de Visitantes. A nouveau, j'ai trouvé sur cet itinéraire une route d'excellente qualité et entièrement goudronnée. Arrivé à destination, j'ai payé à la guérite des gardiens mon billet d'entrée (prix = 15 $, pas de réservation possible en ligne) et suis allé me garer sur le second parking au bout d'une piste caillouteuse (que le premier parking permet d'éviter, voir le plan du parc). De là, une première marche m'a mené jusqu'au Mirador Principal d'où j'ai eu une magnifique vue d'ensemble sur le volcan et la forêt tropicale à ses pieds.

 

Volcan Arenal, Costa Rica

Volcan Arenal

 

Je me suis ensuite lancé dans ma randonnée du jour : une boucle de 5 km combinant les sentiers Las Coladas et El Ceibo. Dès mes premiers pas, je me suis retrouvé comme enveloppé dans une végétation très dense, le ciel semblant presque avoir disparu. Partout, des racines de ficus courant sur le sol, des lianes dégringolant des arbres et des épiphytes tentant de conquérir un peu de lumière. Je crois pouvoir dire que je n'avais jamais marché dans une telle forêt.

 

Las Coladas et El Ceibo

 

C'est dans ce contexte que, sur le bord d'un chemin, je suis tombé nez à nez avec un paresseux à trois doigts (Bradypus variegatus) qui venait de passer un moment sur le sol et remontait à présent sur son arbre ! Quelle chance d'avoir pu croiser dès le début de mon voyage cet emblème du Costa Rica, et surtout, dans d'aussi bonnes conditions ! J'ai ainsi pu le voir se déplacer, s'aidant de ses longs bras pour se hisser, jusqu'à atteindre une fourche entre deux branches sur laquelle il s'est installé comme dans un hamac. Et de reprendre l'activité à laquelle il consacre entre 12 et 14 h par jour : dormir !

 

Paresseux, Costa Rica

Paresseux à trois doigts

 

Après cette matinée incroyable au cœur de la jungle, j'ai repris la voiture et suis monté vers le Mistico Arenal Hanging Bridges Park. Juste avant d'y arriver, je me suis arrêté au Lost Iguana pour y déjeuner. J'y ai trouvé une bonne adresse avec notamment une terrasse magnifiquement intégrée au milieu des arbres. J'ai ensuite poussé les portes dudit parc (billet d'entrée = 32 $, à réserver en ligne sur www.misticopark.com) avec, je dois dire, une petite appréhension liée au fait d'y trouver, peut-être, une ambiance un peu trop "parc d'attraction" à mon goût. Et bien, il n'en a rien été puisque j'ai trouvé ici, comme au parc national, une magnifique forêt primaire parfaitement conservée. Tout au plus les sentiers sont-ils ici un peu plus aménagés que ceux du parc national (revêtement en dur Vs chemins de terre bruts) ce qui pourra séduire les non-randonneurs. Autre atout du Mistiko : le parcourt, de 2 h environ, y passe par 16 ponts dont 6 suspendus (ce qui permet de découvrir la canopée). Et d'avouer qu'en franchissant ceux-ci, on se prend un peu pour Indiana Jones.

 

 

Mistico Park

 

Mistiko Park, Costa Rica

 

En fin d'après-midi, j'ai retrouvé mon logement (Habana River Lodge and Sanctuary) pour y passer une deuxième nuit (prix = 31 € / nuit).

 

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J3 - Autour du volcan Arenal (suite)

 

Samedi 13 janvier, ma journée a commencé de bonne heure, de très bonne heure même puisqu'entre 5 et 6 h du matin, j'ai été réveillé par de puissants cris gutturaux semblant entourer mon logement. Comme j'en avais parlé avec une amie avant mon départ (elle-même avait été marquée lors d'un voyage assez ancien effectué avec son père), j'ai tout de suite compris qu'il devait s'agir de singes hurleurs (howler monkeys pour les anglophones, Alouatta palliata de leur nom scientifique). Lorsque je me suis levé, vers 6 h, je me suis donc rendu directement sur la terrasse de mon appartement pour regarder dans les arbres et c'est alors que j'y ai effectivement un groupe d'une dizaine d'individus, adultes et juvéniles, en plein petit-déjeuner. Je les ai ainsi accompagnés dans cette activité.

 

Singe hurleur, Costa Rica

 

Après cette mise en bouche, je me suis ensuite préparé pour me rendre au Sloth's Territory. Comme son nom l'indique (sloth en anglais signifie paresseux), cet endroit est le lieu idéal pour observer des paresseux en totale liberté dans leur milieu naturel. De plus, il ne se trouve qu'à une dizaine de minutes de route de La Fortuna en remontant légèrement la 142. Son accès facile m'a donc permis d'y arriver de bonne heure. Sur place, j'ai présenté ma preuve de réservation (à effectuer en ligne sur www.slothsterritory.com, prix = 40 $) puis j'ai attendu que les autres visiteurs soient arrivés. Lorsque notre groupe a été au complet (9 personnes en tout), nous sommes partis pour une marche facile de 2 h environ emmenés par notre guide naturaliste (passionnant, très compétent et respectueux de la vie sauvage). Au cours de celle-ci, nous avons pu observer plusieurs paresseux à trois doigts (Bradypus variegatus), comme celui que j'avais vu la veille, mais aussi deux paresseux à deux doigts (Choloepus hoffmanni). S'il est sans doute inutile d'indiquer que ces deux espèces se distinguent par leur nombre de doigts, précisons tout de même que cela ne concerne que leurs membres antérieurs (les membres postérieurs étant munis de trois doigts chez les deux espèces). Autres différences : les paresseux à trois doigts possèdent un pelage plus court et gris, un nez plus petit et un visage qui semble sourire tandis que ceux à deux doigts ont un pelage plus long et brun, un nez plus gros faisant penser à celui d'un cochon.

 

Paresseux, Costa Rica

Paresseux à deux doigts

 

La visite terminée, nous avons eu droit chacun à une assiette de fruits frais soigneusement découpés et je me suis ensuite attardé dans le jardin de colibris jouxtant le bâtiment d'accueil. J'y ai bien sûr observé de nombreux colibris volant à la vitesse de l'éclair, vrombissant comme de gros bourdons, mais aussi un sucrier à ventre jaune venu, comme eux, butiner le nectar des fleurs. Cette première étape de mon voyage m'a ainsi régalé en observation d'animaux.

 

Jardin de colibris

 

En fin de matinée, j'ai ensuite repris la route pour me rendre à la Catarata La Fortuna située au bout de la diagonale 301. En chemin, je me suis arrêté pour déjeuner au Chante Verde (où j'ai pris un excellent repas) puis j'ai finalisé mon trajet et suis allé me garer sur le parking de la catarata. Là, j'ai payé mon billet d'entrée (prix = 18 $) et me suis d'abord avancé jusqu'à une plateforme laquelle m'a offert une magnifique vue d'ensemble sur la cascade. Ensuite, j'ai descendu les marches menant à ses pieds. Attention : même si l'escalier est très bien aménagé, il comporte tout de même 500 marches qui peuvent s'avérer difficile à remonter ! Arrivé aux pieds de la cascade, j'y ai découvert un bassin dans lequel la baignade est interdite (car trop dangereuse). En revanche, le long de la rivière qui en découle, plusieurs piscines naturelles permettent d'aller piquer une tête, ce pour quoi je ne me suis pas fait prier !

 

Catarata La Fortuna, Costa Rica

 

En milieu d'après-midi, est venu le temps pour moi de quitter La Fortuna pour rejoindre ma seconde ville étape : Katira. Pour m'y rendre, j'ai emprunté pendant 1 h 30 environ la route 4 avant d'atteindre ma destination. Là, je me suis installé à l'Hospedaje Rio Celeste où j'ai trouvé un logement propre, confortable et bien équipé, et une hôte (Maria) adorable et très arrangeante (prix = 22 € / nuit). Attention : de Katira à ce logement, puis du logement au parc national du volcan Tenorio, la route n'est plus goudronnée et se transforme en une piste gravillonnée nécessitant au minimum un SUV. Les voyageurs en berline préféreront un logement à Bijagua (d'où l'accès au parc est entièrement goudronné).

 

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J4 - Tenorio et la rivière céleste

 

Pour mon quatrième jour de voyage au Costa Rica, je me suis levé, comme souvent, de bonne heure et me suis préparé pour aller randonner dans le parc national du volcan Tenorio. Pour m'y rendre, la route ne m'a pris qu'une vingtaine de minutes (ayant choisi un logement non loin de là) et a consisté en une alternance de parties goudronnées et d'autres non. Arrivé sur place, je me suis garé sur le parking du parc et me suis présenté à la guérite des gardiens où j'ai montré ma preuve de réservation (faite en amont sur le site du SINAC, prix = 12 $). J'ai alors pu entrer dans le parc et y démarrer ma randonnée. Rapidement, comme à Arenal, je me suis retrouvé plongé dans une épaisse forêt tropicale dans laquelle je suis parti à la recherche d'une rivière : le Rio Celeste. A propos de celle-ci, une légende raconte que Dieu, après avoir peint le ciel en bleu, y aurait rincé ses pinceaux lui donnant une couleur presque magique ! Vous comprendrez que j'étais donc assez curieux de pouvoir le constater de mes propres yeux. Après 45 minutes de marche environ, j'ai atteint le point Catarata Rio Celeste où j'ai descendu un escalier en bas duquel j'ai découvert une belle cascade plongeant dans un bassin d'un bleu laiteux intense qui m'a donné envie de croire en la légende ! 

 

Catarata Rio Celeste, Parc National Tenorio, Costa Rica

Catarata Rio Celeste

 

Reprenant la marche à travers la forêt, mes pas m'ont ensuite mené jusqu'à la Laguna Azul. Ici, le Rio Celeste s'élargit et forme une lagune à l'eau parfaitement tranquille dont le turquoise a continué de m'hypnotiser. Puis, je suis arrivé aux Borbollones (les "eaux bouillonnantes"). Là, enveloppé dans une odeur de soufre, j'ai pu voir la rivière s'agiter au rythme des bulles venant éclater à sa surface. L'occasion de réaliser que, comme le Poas et l'Arenal, le Tenorio est un volcan actif dont les poches de magma, situées en profondeur, sont à l'origine de ces manifestations géothermiques de surface. L'occasion aussi de saisir l'une des raisons pour lesquelles il est strictement interdit de se baigner dans l'enceinte du parc (ces eaux pouvant atteindre 94°C).

 

Laguna Azul et Borbollones

 

La troisième et dernière partie de ma randonnée m'a finalement conduit jusqu'à un secteur où des ponts m'ont permis d'enjamber le Rio Celeste dans un décor et un silence presque mystiques ! Après 3 km de marche, j'ai atteint l'endroit où le Rio Celeste naît de la rencontre entre deux de ses affluents : le Rio Buena Vista et la Quebrada Agria. On y assiste à ce changement de couleur dont on aura compris qu'il n'est pas lié à une intervention divine mais à la chimie particulière des eaux, enrichies en éléments issus de l'activité volcanique. Ce point, baptisé Teñideros, a aussi marqué le début de mon retour s'effectuant par le même chemin. Comptez entre 2 et 3 h pour boucler cet itinéraire.

 

Rio Celeste, Parc National Tenorio, Costa Rica

 

Teñideros

 

Rio Celeste, Parc National Tenorio, Costa Rica

 

A la sortie du parc, je suis ensuite allé déjeuner au soda Los Pilones (immédiatement voisin) avant de revenir à mon logement : l'Hospedaje Rio Celeste. J'y ai passé un après-midi OFF qui m'a donné l'occasion de me reposer et de faire le point sur les quatre premiers jours de mon voyage tout en prenant quelques réservations pour les suivants. J'y ai enfin passé une seconde nuit (prix = 22 € / nuit).

 

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J5 - Route vers la forêt de nuages

 

Lundi 15 janvier, j'ai quitté mon logement de Katira et pris la route vers ma troisième ville étape : Santa Elena / Monteverde. Pour m'y rendre, j'ai d'abord rejoint Bijagua où j'ai pris la route 6 vers le Sud. Celle-ci a ressemblé, grosso-modo, à une de nos départementales, relativement rectiligne. J'ai ensuite enchaîné sur la 1, l'Interamericana Norte, qui a consisté en une 2*2 voies sans charme mais rapide (l'autoroute en quelque sorte). Arrivé à proximité de Las Juntas, j'ai quitté la 1 pour m'engager sur la 145. Là, j'ai retrouvé une route avec beaucoup de charme, grimpant sur la montagne en traversant différents villages. En revanche, soyez informés que celle-ci n'est pas entièrement goudronnée et relativement cabossée (les voyageurs en berline lui préféreront la 606, entièrement goudronnée et en bien meilleur état). Après 2 h 30 de trajet environ, j'ai atteint ma destination où j'ai découvert deux petits villages (Santa Elena et Monteverde), collés l'un à l'autre, formant un petit ensemble isolé dans la montagne.

 

Sur la route de Santa Elena / Monteverde

 

Pour déjeuner, je me suis rendu au Stella's Monteverde où j'ai très bien mangé dans un patio formant un décor très agréable. Je suis ensuite parti visiter l'une des trois réserves naturelles présentes dans la région : la Reserva Santa Elena (les deux autres étant celles de Monteverde et de Curi-Cancha). Le trajet pour m'y rendre n'a duré qu'une vingtaine de minutes mais a consisté en une piste de terre avec de forts dénivelés (nécessitant un SUV à minima). S'agissant de l'une des rares activités que je n'avais pas réservées en avance, j'ai payé sur place mon ticket d'entrée (prix = 16 $ pour un accès en autonomie sans guide) et me suis lancé sur le sentier bleu (Encantado) annoncé pour une durée de 2,5 heures de marche. L'écosystème de toute la région est une cloud forest c'est-à-dire une forêt tropicale dont l'humidité et l'altitude font qu'elle disparaît souvent dans les nuages. Pour ma part, je l'ai découverte par temps clair ce qui m'a sans doute donné un peu plus de visibilité que d'accoutumée. En revanche, point d'animaux observés pour moi ce jour.

 

Reserva Santa Elena

 

En fin d'après-midi, je suis allé m'installer pour deux nuits dans mon nouveau logement : le Cowboy Hostel. J'y ai occupé une cabine tout en bois (avec salle de douche privative), simple et confortable, en rez-de-chaussée avec petite terrasse (Prix = 24 € / nuit). Sur cette dernière, alors que je prenais un rafraîchissement, j'ai eu la visite d'un petit groupe d'oiseaux colorés qui ont semblé apprécié l'arbre situé juste devant ma porte. Comme quoi, la nature au Costa Rica n'est jamais loin !

 

 

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J6 - Forêt de nuages (suite)

 

Pour mon deuxième jour dans le secteur de Santa Elena / Monteverde, j'ai choisi de me rendre dans l'une des deux autres réserves naturelles de la région : la Reserva Monteverde (de son nom complet : Reserva Biologica Bosque Nuboso Monteverde). Pour ce faire, j'ai d'abord roulé une dizaine de minutes sur une route goudronnée pour atteindre le parking officiel de la réserve. Là, j'ai emprunté une navette gratuite qui m'a monté, par une piste, jusqu'à l'entrée de ladite réserve. Bien qu'il soit possible d'effectuer cette deuxième partie du trajet avec son véhicule personnel, je ne peux que vous encourager à utiliser ce système de navettes puisqu'il est vraiment très pratique et permet de réduire le trafic aux abords de la réserve (participant ainsi à sa protection et à l'amélioration de l'expérience des visiteurs). Arrivé sur place, j'ai présenté au bâtiment d'accueil ma preuve de réservation faite en amont (prix = 26 $, à réserver en ligne sur www.cloudforestmonteverde.com) et me suis engagé sur le sentier Wilford Guindon au bout duquel j'ai pu traverser un magnifique pont suspendu (voir le plan de la réserve pour mieux vous y repérer).

 

Reserva Biologica Bosque Nuboso Monteverde, Costa Rica

Reserva Monteverde

 

Ensuite, j'ai marché jusqu'au point La Ventana où une plateforme m'a offert de très belles vues dégagées sur les montagnes alentours couvertes de jungle. J'ai alors poursuivi ma visite sur le sentier Bosque Nuboso avec, pour objectif, de rejoindre mon point de départ tout en effectuant une boucle de 5 km environ. C'est sur ce dernier que, remarquant un attroupement et la présence de guides pointant leurs longue-vues vers la cime des arbres, je me suis arrêté et mis à chercher ce qui pouvait bien se cacher dans les hautes branches. C'est alors que, l’œil rivé dans le viseur de mon appareil photo, j'ai vu apparaître les couleurs éclatantes d'un magnifique quetzal ! Quelle chance d'avoir pu observer cet oiseau qui ne se rencontre que rarement et uniquement dans les secteurs de Monteverde, de Carara et de San Gerardo de Dota. Dans le cas présent, il s'est agi d'un mâle (reconnaissable notamment à ses longues plumes caudales, d'un bleu vert métallique, pouvant atteindre jusqu'à 1 m !). Entre autres caractéristiques, on peut également citer un poitrail écarlate et une tête munie d'une petite crête.

 

Quetzal, Costa Rica

Quetzal

 

Reprenant la marche, j'ai ensuite eu la chance de croiser un groupe de singes araignées (Ateles geoffroyi) faisant ployer les branches des arbres dans leurs déplacements. Ces derniers se reconnaissent à leurs longs membres antérieurs ainsi ainsi qu'à leur longue queue préhensile rayonnant autour de leur corps (d'où leur nom de singes araignées). Leur pelage est noir au niveau des mains et des pieds, plus clair sur le ventre, autour de la bouche et des yeux et prenant souvent un aspect ébouriffé. Considérés comme les singes les plus habiles du Costa Rica, ils sont très drôles à voir évoluer dans les arbres (dont ils descendent peu pour ne pas être vulnérables à leurs prédateurs dont les pumas).

 

Singe araignée, Costa Rica

 

Pour prolonger le plaisir de ma visite à la Reserva Monteverde, je suis ensuite allé déjeuner au Colibri Café situé juste à sa sortie (avant de redescendre en navette). Là, vous trouverez une petite cafétéria très simple (quelques feuilletés salés, pâtisseries, boissons chaudes et froides) dans un cadre très mignon agrémenté de plusieurs abreuvoirs distribuant de l'eau sucrée attirant de nombreux colibris par lesquels on se retrouve vite entourés. C'est une belle occasion de voir et de photographier ces oiseaux souvent de très près ! Si je devais revenir à Monteverde, je referais donc sans hésiter cette visite à la Reserva Monteverde puisque j'y ai vécu une expérience très complète (randonnée dans la forêt primaire, traversée d'un pont suspendu, terrasses panoramiques, observation de la faune sauvage, facilité d'accès et de restauration). Mon coup de cœur dans la région !

 

Colibri Café, Costa Rica

 

Dans l'après-midi, je suis ensuite allé au Monteverde Butterfly Garden (prix = 20 $). J'y ai effectué une visite guidée d'environ 1 h encadrée par un guide naturaliste passionné et passionnant qui nous a fait profiter de ses très grandes connaissances sur insectes, arachnides et autres bébêtes. Au cours de celle-ci, nous sommes passés par plusieurs volières dans lesquelles nous nous sommes retrouvés entourés de nombreux papillons dont des Morpho Bleu. Une visite qui plaira aux amateurs du genre.

 

Monteverde Butterfly Garden, Costa Rica

Monteverde Butterfly Garden

 

En fin d'après-midi, j'ai enfin retrouvé mon logement au Cowboy Hostel où j'ai passé une très bonne deuxième nuit (Prix = 24 € / nuit).

 

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J7 - Crocodiles et aras rouges à Tarcoles

 

Mercredi 17 janvier a marqué une bascule dans mon voyage au Costa Rica. C'est en effet ce jour que je suis arrivé pile à la moitié de mon séjour et aussi que j'ai entrepris de quitter la partie centrale du pays, avec sa jungle et ses montagnes, pour rejoindre la côte Pacifique. J'étais assez impatient de me retrouver face à l'océan et de pouvoir profiter de mes premières plages ! Pour cela, je suis d'abord descendu des montagnes de Monteverde par la 606 (qui s'est révélée de bien meilleure qualité que la 145). J'ai ensuite emprunté successivement la 1, la 27 et la 34 pour m'approcher de la région de Tarcoles. Après 2 h de route environ, je suis arrivé non loin de ma destination avec la traversée du fameux pont enjambant le Rio Tarcoles. Celui-ci est un point d'arrêt bien connu et très fréquenté puisqu'il est l'occasion d'observer, juste sous l'ouvrage, un groupe de crocodiles d'Amérique (Crocodylus acutus) qui y réside en permanence. Chez cette espèce, les mâles mesurent en moyenne entre 3 et 4 m pour un poids variant de 400 à 500 kg. Autant dire que l'on met sa confiance en la solidité du garde-corps lorsqu'on se penche pour les observer !

 

Crocodile, Tarcoles, Costa Rica

 

J'ai ensuite repris la route et suis passé devant le parc national Carara avant de bifurquer, sur la droite, pour entrer dans le village de Tarcoles. Là, j'ai déjeuné au Chepes Bar y Restaurante où je me suis trouvé être le seul touriste au milieu des locaux (ce qui était plutôt sympathique). J'y ai mangé un excellent casado : plat typique du Costa Rica composé de riz, de haricots noirs, de bananes plantains, de salade, d'une tortilla et d'une source de protéines au choix (poulet, bœuf, porc ou poisson). J'ai ensuite rejoint, au bout de la route traversant le village, le camp de base de Jungle Crocodile Safari & Bird Watching Tour où je me suis renseigné sur les tours de l'après-midi. J'avais en effet envie de partir naviguer sur le Rio Tarcoles pour voir de plus près ses célèbres crocodiles. J'ai ainsi embarqué pour une "croisière" d'environ 1 h 30, à bord d'un bateau d'une dizaine de personnes, qui nous a promenés sur le fleuve, dans la mangrove et jusqu'à l'océan (prix = 30 $). Cela m'a offert une expérience très différente de la randonnée (qui avait été jusque là ma principale activité) et j'ai beaucoup aimé découvrir cet environnement particulier aux airs d'Amazone. En revanche, il est à noter que le Rio Tarcoles a longtemps été victime de décharges sauvages (comprendre que les locaux y ont longtemps jeté tout et n'importe quoi) et de constater que, malgré les efforts entrepris aujourd'hui pour restaurer cet écosystème, la pollution plastique y reste importante. C'est ainsi le seul endroit sale que j'ai pu voir durant tout mon voyage.

 

Jungle Crocodile Safari & Bird Watching Tour

 

En fin d'après-midi, je suis allé me balader sur Playa Tarcoles. Il faut savoir que cette plage (et le parc national Carara non loin) est réputée pour être l'un des meilleurs spots du pays pour pouvoir observer des aras rouges. J'y ai donc marché un moment dans l'espoir de croiser ces magnifiques oiseaux mais sans succès. Malgré cela, j'ai beaucoup apprécié l'ambiance hors des sentiers battus de l'endroit avec notamment les nombreuses embarcations des pêcheurs (qui étaient tous rentrés à cette heure de la journée) et les gamins du coin qui se baignaient dans l'embouchure du Rio Tarcolito.

 

Playa Tarcoles

 

Le soir, je me suis installé pour une nuit à l'hôtel House of the Macaws. J'y ai occupé une chambre climatisée (ce qui, sur la côte, s'est avéré fort agréable) simple, propre et confortable (avec une salle de douche quelque peu défraîchie tout de même). L'environnement de l'hôtel était aussi très agréable avec une belle piscine, une grande salle de restaurant et un accès direct à la plage. J'y ai ainsi pris un bon dîner avant d'aller me coucher dans l'espoir de voir, le lendemain matin, les fameux "macaws". Prix = 43 € / nuit).

 

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J8 - Plages de rêve à Punta Leona

 

Pour mon huitième jour de voyage au Costa Rica, je me suis réveillé, toujours de bonne heure, à l'hôtel House of the Macaws après y avoir passé une excellente nuit. Je me suis alors préparé et suis descendu sur la terrasse où j'ai mangé un très bon petit déjeuner typiquement costaricain. Direction ensuite la plage pour tenter une nouvelle fois d'observer des aras rouges. Cette deuxième tentative fut la bonne puisque, guidé par des cris ressemblant un peu à ceux des corbeaux, j'ai surpris un groupe de plusieurs de ces oiseaux passant d'arbre en arbre pour déguster leurs fruits. J'ai ainsi pu passer un bon moment à les observer et à les photographier.

 

Ara rouge, Tarcoles, Costa Rica

 

Après cette magnifique rencontre matinale, j'ai quitté mon hôtel et pris la route vers ma cinquième ville étape (Quepos) avec, pour objectif, de m'arrêter en chemin pour passer la journée sur les plages de rêve de la Punta Leona : Playa Mantas et Playa Blanca. Pour rejoindre ces plages, j'ai d'abord roulé une quinzaine de minutes vers le Sud sur la 34  jusqu'à atteindre, en bord de route, le soda Marisqueria Antojitos Marineros. Là, j'ai bifurqué vers la droite et emprunté une petite route, partiellement revêtue, qui m'a mené, en une quinzaine de minutes supplémentaires, jusqu'aux parkings de Playa Mantas. Ici, j'ai trouvé un grand parking goudronné avec des places marquées au sol et gardé par une barrière dont le prix exorbitant (40 $ la journée !) m'a fait fuir ! Heureusement, juste à coté, se trouve un parking plus petit en terre dont le prix n'est "que" de 15 $. Arrivez tôt pour y avoir une place. Ensuite, j'ai marché vers le Sud sur Playa Mantas. L'astuce est, qu'à marée basse, il est possible de contourner l'éperon rocheux qui la sépare de Playa Blanca qui, sans cela, n'est accessible qu'aux clients du Punta Leona Hotel (ou comment un hôtel bloque l'accès à une plage qui est pourtant publique et tout à fait libre d'accès). Surveillez bien l'heure des marées si vous projetez de vous y rendre.

 

Punta Leona, Costa Rica

Éperon rocheux entre Playa Mantas et Playa Blanca

 

Ce petit effort étant fait, j'ai découvert en la Playa Blanca une plage de rêve au sable beige, à l'eau turquoise et aux cocotiers nonchalamment inclinés vers l'océan. Si vous prévoyez d'y passer la journée comme moi, pensez à apporter un pique-nique car les quelques bars et restaurants présents ici, et sur la plage voisine, sont réservés aux clients de l'hôtel. Seul un food truck est parfois présent sur Playa Mantas pour les visiteurs non clients stationnés sur le parking public. Ne reste plus qu'à alterner baignades et détente sur la plage.

 

Playa Blanca, Punta Leona, Costa Rica

 

Dans le milieu d'après-midi, j'ai dû quitter les lieux puisqu'il me restait environ 2 h de route pour atteindre Quepos via la 34. J'y suis ainsi arrivé en fin d'après-midi et m'y suis installé pour deux nuits au Second Floor Rose House. C'est un logement que j'ai beaucoup apprécié puisqu'il avait tout ce dont j'avais besoin (belle pièce de vie avec coin dodo confortable, salle de douche privative, coin cuisine privatif également, terrasse avec une jolie vue et excellente situation par rapport au parc Manuel Antonio). Prix : 34 € la nuit.

 

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J9 - Parc Manuel Antonio

 

Pour mon neuvième jour de voyage au Costa Rica, je me suis réveillé au Second Floor Rose House où je me suis préparé pour aller visiter le parc national Manuel Antonio. Parc incontournable pour les uns, victime de son succès et à éviter pour les autres, je ne savais pas exactement si j'allais y passer une bonne journée et c'est donc avec quelques incertitudes que j'ai pris la route y menant. Celle-ci ne m'a occupé que 10 minutes (mon logement étant idéalement situé entre Quepos et l'entrée du parc sur la 618). Tout au long du trajet, je n'ai pu que remarquer la succession de boutiques, maisons individuelles et hôtels laissant peu de place au stationnement. Quand j'ai trouvé un petit hôtel mettant à disposition son parking aux simples visiteurs contre la somme de 5 $ la journée, j'en ai donc été plutôt satisfait. Attention : les rabatteurs peuvent se montrer insistants et gonfler leurs tarifs ; n'acceptez rien au-dessus de 5 $. Arrivé à l'entrée du parc, j'y ai montré ma preuve de réservation (à faire impérativement en avance sur le site du SINAC le parc pouvant être complet, prix = 16 $) et me suis soumis à la fouille minutieuse de mon sac (nourriture et bouteilles plastiques interdites). Mon principal conseil sera ensuite de ne surtout pas commencer votre visite par le chemin principal menant à Playa Manuel Antonio. C'est en effet ce que font 99 % des visiteurs et vous risqueriez alors de souffrir de l'affluence. Préférez-lui l'agréable chemin sur pilotis partant sur la droite vers Playa Espadilla Sur (voir le plan du parc). Je m'y suis retrouvé seul, prélude d'une journée bien plus qualitative.

 

Entrée du parc Manuel Antonio

 

Arrivé à Playa Espadilla Sur, j'y ai vécu une expérience très agréable, bien loin des récits de surtourisme que j'avais lus en amont. Je m'y suis en effet retrouvé seul, tel un Robinson, pour une longue marche les pieds dans l'eau en compagnie des rares iguanes et de quelques noix de coco roulées sur le sable par les vagues. Comme quoi, même dans les lieux fréquentés, il est toujours possible de trouver des itinéraires bis.

 

Playa Espadilla Sur

 

Au bout de cette plage (chemin jaune sur le plan du parc), j'aurais ensuite aimé faire le tour de la Punta Catedral (chemin bleu ciel), mais, lors de ma visite, ce sentier était fermé pour cause de travaux. J'ai donc dû longer la Playa Manuel Antonio qui, jusqu'à la cafétéria, est clairement l'endroit le plus fréquenté du parc. Afin de retrouver un peu de tranquillité, j'ai ensuite rapidement bifurqué vers Playas Gemellas. Là, j'ai découvert une nouvelle plage de rêve, quasi déserte, tout juste fréquentée par deux singes capucins qui m'ont offert une très drôle compagnie. Attention toutefois à ne pas trop vous laisser attendrir par leur frimousse rose et à ne pas étaler vos affaires en leur présence : dans les zones fréquentées, ces singes n'hésitent pas à s'approcher au plus près des humains et sont alors les champions du vol à la tire (à la recherche bien sûr de nourriture). Pour avoir été témoin d'un vol de sac à main, je peux vous dire que cela n'a pas du tout fait rire sa propriétaire ! Mieux vaut donc les rencontrer dans un endroit calme où leur comportement sera plus naturel.

 

Singe Capucin, Parc National Manuel Antonio, Costa Rica

 

Afin de poursuivre ma randonnée, je me suis ensuite lancé sur le sentier Mirador (vert clair) qui, comme son nom l'indique, prend de la hauteur et m'a mené jusqu'à deux points de vue remarquables. Attention : ce sentier comporte beaucoup d'escaliers et nécessite un peu de cardio. Ce n'est pas l'itinéraire de tous les records en termes de distance ni de dénivelé, mais, avec des températures le plus souvent élevées et une atmosphère moite, vous allez y perdre beaucoup, beaucoup d'eau ! Heureusement, la vue au sommet sur les falaises alentours est sublime !

 

Mirador, Parc National Manuel Antonio, Costa Rica

Mirador

 

A l'heure du déjeuner, la nourriture étant interdite dans le parc, je me suis rabattu sur la seule option existante : aller le prendre dans la fameuse cafétéria. J'y ai vécu une expérience insolite puisque pour pouvoir y manger tranquillement, sans y être importunés par les singes, on s'y retrouve littéralement enfermés dans une cage ! Et de constater que le Costa Rica ne fait pas les choses à moitié lorsqu'il s'agit de protéger sa nature allant jusqu'à placer l'Homme en cage pour que la vie sauvage puisse se poursuivre autour de lui. Et pour preuve que cette vie sauvage n'est jamais loin, quand j'en suis ressorti, j'ai croisé en quelques instants deux biches, un boa et une femelle paresseux à trois doigts avec son bébé dans un arbre situé juste au-dessus du bâtiment !

Paresseux, Parc National Manuel Antonio, Costa Rica

Le reste de ma journée a oscillé entre baignades et repos sur la plage. Si je devais dresser le bilan de cette journée, je ferais donc sans aucun doute partie de ceux pour qui le parc Manuel Antonio est un incontournable lors d'une découverte du Costa Rica. Il est en effet l'un de ceux où j'ai observé le plus d'animaux et aussi l'un des rares où j'ai pu à la fois randonner dans la forêt tropicale et me baigner sur des plages paradisiaques. C'est donc un concentré de nombreux atouts du pays, pour un prix par ailleurs raisonnable (comparé aux tarifs délirants de certains tours privés). J'en suis donc rentré enchanté pour une deuxième nuit au Second Floor Rose House (Prix : 34 € la nuit).

 

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J10 - Chill and surf à Dominical

 

Samedi 20 janvier, j'ai quitté mon logement de Quepos et pris la route vers la sixième et dernière ville étape de mon circuit : Uvita. Objectif de la journée : m'arrêter en chemin pour visiter Dominical et ses alentours avant d'arriver le soir à Uvita. Pour cela, je suis parti du Second Floor Rose House en début de matinée et ai roulé environ 40 minutes vers le Sud sur la 34. Un peu avant de franchir le Rio Baru et d'atteindre Dominical, j'ai bifurqué sur la gauche sur la 243 et suis remonté un peu dans les terres jusqu'à trouver, le long de la route, le bureau d'admission aux Nauyaca Waterfalls. Là, deux options m'ont été proposées : soit partir de ce bureau jusqu'aux chutes et faire intégralement le chemin à pieds (6 km aller et autant au retour) et n'avoir à payer "que" l'accès aux chûtes (10 $), soit m'avancer en voiture de 2 km supplémentaires jusqu'au parking des chutes pour n'avoir plus à marcher "que" 4 km à l'aller (et autant au retour) moyennant 5 $ de parking en plus (plus de renseignements sur https://nauyacawaterfallscostarica.com). Et d'opter pour la deuxième proposition soulageant mon porte-monnaie de 15 $. Du parking, j'ai effectué jusqu'aux chutes une marche assez agréable, d'une heure environ, qui m'a mené à travers bois et, par moments, au bord du ruisseau. Arrivé à destination, j'ai découvert un cadre enchanteur et une cascade magnifique rebondissant sur deux étages. Aux pieds de la cascade inférieure, une piscine naturelle a été creusée par la puissance de l'eau et pourra être l'occasion d'une baignade agréable entre deux marches.

 

Nauyaca Waterfall, Dominical, Costa Rica

Nauyaca Waterfalls

 

Après cette matinée passée dans un cadre vivifiant, je me suis rendu sur Playa Dominical où j'ai profité du marché étalant ses articles le long de la plage et suis allé déjeuner au Restaurante El Coco. N'ayant pas totalement succombé au charme de cette plage, je suis ensuite allé passer l'après-midi sur sa petite sœur (Playa Dominicalito) où j'ai trouvé un environnement plus confidentiel qui m'a davantage plu : sable ocre, arbres exotiques et groupes de surfeurs à l'eau donnant du spectacle aux promeneurs restés sur la plage.

 

Playa Dominicalito, Dominical, Costa Rica

 

En fin d'après-midi, j'ai complété la route pour Uvita (20 minutes de plus sur la 34) où je me suis installé pour quatre nuits dans un logement pour le moins atypique : le Cascada Verde Hostel. J'y ai trouvé une espèce de grandes cabanes en bois ouverte sur la jungle (les cloisons des chambres ne montant pas jusqu'au plafond pour laisser l'air circuler sous le toit. L'intérieur y est donc un peu à l'extérieur (et inversement). S'ajoutent à cela de nombreuses installations partagées dont plusieurs terrasses et salons avec fauteuils, hamacs... pour un séjour en communion avec la canopée. Prix : 33 € la nuit.

 

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J11 - Plage à Uvita

 

Pour les trois derniers jours de mon voyage, je suis resté au même logement : le Cascada Verde Hostel. En fin de voyage, j'ai toujours envie de ralentir un peu quand je sens que je suis plus près de la fin que du début. Cela répond à mon besoin de baisser en intensité pour me reposer un peu et aussi de laisser les souvenirs s'ancrer profondément dans ma mémoire sans en ajouter forcément (trop) de nouveaux. Ainsi, ce matin, je suis resté à mon hostel où j'ai profité des nombreuses terrasses pour me détendre. Ne prenant pas souvent de photos des endroits dans lesquels je dors en voyage (à tord dans ce cas), voici une petite sélection faite à partir des photos de l'annonce Booking du Cascada Verde Hostel pour vous montrer ce lieu atypique.

 

Cascada Verde Hostel

 

En fin de matinée, je suis ensuite descendu dans le "centre" d'Uvita où j'ai déjeuné au soda Las Esferas (situé le long de l'axe principal). Puis, j'ai ensuite descendu cet axe en bas duquel j'ai trouvé l'une des entrées du parc national Marino Ballena (prix = 6 $, à payer sur place). Celui-ci a la particularité d'englober une zone terrestre (avec plages et jungle) et une autre marine (bien connue pour être sur la route de migration des baleines à bosse). Pour cette première demi-journée à y consacrer, je me suis rendu sur la très belle Playa Uvita sur laquelle j'ai passé l'après-midi, enchaînant baignades et siestouilles.

 

Playa Uvita, Parc National Marino Ballena, Costa Rica

 

En fin d'après-midi, je suis retourné à mon logement, le Cascada Verde Hostel, pour une deuxième nuit. Prix : 33 € la nuit.

 

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J12 - Baleines et excursion au Corcovado

 

Pour mon deuxième jour à Uvita, je suis retourné au parc national Marino Ballena dans le but, cette fois-ci, d'en explorer la partie marine et peut-être de voir des baleines à bosse. Si vous entreprenez une telle sortie en mer, avec l'un des nombreux excursionnistes présents sur place, soyez informés que ces cétacés ne sont présents dans la baie d'Uvita qu'à deux moments de l'année. Le premier va de mi-juillet à fin octobre avec un pic en septembre. En cette saison, de nombreuses baleines à bosse de l'hémisphère Sud migrent de la Patagonie vers le Costa Rica où elles trouvent des eaux chaudes et peu profondes idéales pour mettre au monde leurs baleineaux et les élever pendant leurs premières semaines de vie. La probabilité de les observer est alors de l'ordre de 70%. L'autre moment de l'année où il est possible d'en voir va de fin décembre à fin février. En cette saison, des baleines à bosse moins nombreuses de l'hémisphère Nord migrent de l'Oregon vers le Costa Rica pour les mêmes raisons de reproduction. Si vous visitez Uvita en cette période (ce qui a été mon cas en janvier), je vous conseille de ne pas participer à un tour uniquement dédié aux baleines car leur faible effectif diminue d'autant les chances de succès. Choisissez plutôt un tour menant au Corcovado ou à Cano Island lesquels comportent la traversée de la baie (pendant laquelle votre capitaine fera en sorte que vous puissiez voir une baleine s'il y en a une). S'il n'y en a pas, vous aurez ainsi la garantie de profiter pleinement de l'autre activité incluse dans le tour : respectivement une randonnée au Corcovado ou du snorkelling à Cano Island. C'est sur cette base que j'ai personnellement choisi le Corcovado National Park Day Tour Hiking organisé par Bahia Aventuras (prix = 150 $ pour la journée entière TTC). Toutes les informations ici.

 

Tour avec Bahia Aventuras

 

Pour ce tour, rendez-vous était donné au bureau de l'excursionniste tôt le matin. Nous y avons eu droit à une petite collation et à un briefing sur la façon dont la journée allait se dérouler. Nous nous sommes ensuite rendus sur Playa Uvita (visitée la veille) où nous avons embarqué à bord d'un bateau à moteur surpuissant avec lequel nous avons entamé la traversée de la baie à (très) grande vitesse. A mi-chemin, notre capitaine a ralenti et notre guide accompagnateur de nous expliquer qu'une baleine à bosse femelle, accompagnée de son baleineau, ayant été observée dans le secteur la veille, nous allions tenter de les retrouver. Une phase de recherche s'en est suivie à l'issue de laquelle le moteur s'est tu et notre guide de nous faire signe d'écouter en silence. C'est alors que nous avons entendu les baleines chanter et compris qu'elles se trouvaient sous le bateau. Et quelques instants plus tard, la maman et son petit de remonter à la surface nous laissant voir, à plusieurs reprises, leur évent et la courbure de leur dos ! Une première pour moi qui restera longtemps gravée dans ma mémoire !

 

Baleine à bosse, Parc National Marino Ballena, Uvita, Costa Rica

Baleine à bosse

 

Après cette rencontre magique, notre bateau a ensuite rejoint les côtes du parc national Corcovado où nous avons débarqué. Nous avons alors débuté la partie rando de l'excursion. Celle-ci a consisté en deux marches, d'environ 1,5 h chacune, entrecoupées par un excellent repas, servi à la station de rangers de San Pedrillo sous la forme d'un buffet froid. Au cours de celles-ci, nous avons parcouru la forêt primaire du Costa Rica abritant la plus grande biodiversité (ainsi que quelques superbes plages). Au bilan des rencontres effectuées : des singes araignées, un agouti, deux fourmiliers, des chauve-souris, des aras rouges...

 

Parc National Corcovado, Costa Rica

 

Dans le milieu de l'après-midi, nous avons repris le bateau pour une traversée retour qui s'est avérée à nouveau un succès ! En effet, durant celle-ci, nous avons été "escortés" par un groupe de plusieurs petites baleines à dents (que certains appelleront "fausses baleines" par opposition aux baleines à fanons comme les baleines à bosse qui sont les "vraies baleines"). A la question d'une passagère s'étonnant que ces individus viennent ainsi frôler notre bateau, notre guide a donné une explication toute simple : "ils s'amusent". Et le trajet de s'effectuer ainsi en bonne compagnie.

 

Fausses baleines

 

Après cette riche journée, j'ai retrouvé en fin d'après-midi mon logement, le Cascada Verde Hostel, pour une troisième nuit. Prix : 33 € la nuit.

 

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J13 - Mangrove de Sierpe

 

Pour mon troisième et dernier jour à Uvita (et par la même occasion, dernière journée entière de mon voyage), je suis parti de mon logement, tôt le matin, pour aller visiter la mangrove de Sierpe. Afin de m'y rendre, j'ai emprunté la route 34 (toujours elle) vers le Sud et suis arrivé à destination après une petite heure de route environ. Là, j'ai découvert un minuscule village logé dans le méandre d'une rivière : le Rio Sierpe. J'en ai de suite aimé l'ambiance mêlant calme, authenticité et union avec la nature.

 

Mangrove de Sierpe, Costa Rica

Sierpe

 

Afin de découvrir le véritable joyau de la région, qui est sa mangrove, j'ai rejoint un tour organisé par Kokopelli. Même si je suis de nature à préférer les visites en autonomie, des différents tours organisés auxquels j'ai participé pendant mon voyage (5 au total), celui-ci a été, à mon sens, le plus qualitatif. D'abord, il a été effectué sur un tout petit bateau en petit groupe ce qui a permis une expérience très privilégiée. Ensuite, il a duré 3 h, temps suffisamment long pour parcourir très tranquillement tous les canaux de la mangrove à la recherche de ses animaux. A chaque rencontre, le bateau s'arrêtait complètement, le guide nous donnait de riches explications naturalistes et nous laissait tout le temps nécessaire pour prendre des photos. J'y ai donc eu un ressenti très positif (comparé à l'excursion sur la rivière Tarcoles, assez similaire mais effectuée au pas de course, sans explication, par soucis de rendement). Prix = 79 $, à réserver en ligne sur https://sierpemangrovetour.com.

 

Tour avec Kokopelli

 

Durant ce tour, j'aurais aimé voir des singes écureuils (4ème espèce de singes vivant au Costa Rica après les singes hurleurs, les singes araignées et les capucins) mais je n'ai pas eu cette chance. En revanche, nous avons pu observer de très nombreux oiseaux et reptiles dans des conditions remarquables.

 

Rencontres dans la mangrove de Sierpe

 

Le reste de la journée a consisté en un très bon déjeuner avec vue sur les embarcadères au Donde Jorge suivi du trajet retour vers Uvita et d'un après-midi et d'une quatrième nuit au Cascada Verde Hostel. Prix : 33 € la nuit.

 

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Commentaires: 6
  • #1

    Jean-Michel (samedi, 30 mars 2024 17:53)

    Salut le voyageur,
    Très jolie résumé de ce pays magique qui m'a enchanté il y a 4 ans. Je suis resté littéralement sous le charme un mélange de respect de la faune et la flore, la gentillesse et l'entraide des habitants, ce côté peace and love ou le système D et monnaie courante, j'adore, si je n'avais pas quelques obligations je serai certainement là bas pour mes vieux jours dans une petite maisonnette avec juste l'essentiel un vieux pick-up une vieille bécane à retaper et bourlinguer le pays à la découverte qui n'en fini pas. Mais du à son succès j'ai peur qu'il s'en bourgeoise, d'après un ami qui vie depuis 20 ans beaucoup d'infrastructures et routes goudronnées commence à envahir le pays, espérons qu'il reste le plus longtemps possible authentique.
    Bonne continuation à toi

  • #2

    Meguin patricia (samedi, 30 mars 2024 18:44)

    Un grand merci pour toutes ces précisions nous avons été 15 jours en 2023 et avons été enchantés par ce pays un seul objectif y revenir et aller plus loin encore

  • #3

    François (V&SN) (dimanche, 31 mars 2024 10:17)

    @Jean-Michel : merci pour ton passage sur le blog. J'adore la description que tu fais du Costa Rica. Je ne peux pas témoigner de la façon dont le pays a changé ces dernières années puisque je viens de le découvrir à travers un premier voyage, mais j'ai beaucoup lu et entendu, comme tu le soulignes, qu'il évolue rapidement. J'ai pour cette raison évité la région Nord-Ouest qui est à priori la plus bétonnée et envahie par les resorts. Partout ailleurs, j'ai trouvé ce que tu décris : une vie simple dans des petites habitations modestes avec juste ce qu'il faut et une nature tellement belle et des gens si gentils que c'en est largement suffisant. J'adore avoir peu de choses autour de moi, comme quand je suis en van ou en camping. Cela permet de ne pas être parasité par plein de trucs inutiles et de se recentrer sur l'essentiel. Un minimalisme très appréciable. En revanche, ce que j'ai pu constater c'est que le succès de cette destination a fait grimper les prix des activités de manière assez délirante. Le pays ne vit pas que d'amour et d'eau fraîche mais beaucoup des dollars des touristes américains. Espérons qu'il ne cédera pas au "tout américanisé"

  • #4

    François (V&SN) (dimanche, 31 mars 2024 10:20)

    @Patricia : merci pour votre passage sur le blog ! Comme vous j'ai été enchanté et j'adorerais aussi y retourner d'abord pour découvrir la côte Caraïbe que je n'ai pas faite cette-fois, ensuite pour m'éloigner un peu des "classiques" dans lesquels on tombe presque nécessairement lors d'un premier voyage et découvrir le Costa Rica encore plus authentique

  • #5

    Mathieu (jeudi, 11 juillet 2024 23:58)

    Bonjour et merci pour cette page qui m'a beaucoup aidé (on a vu plein d'aras s'ébattre dans les arbres sur la plage de Tarcoles merci !) pour un séjour de 3 semaines en famille dont je ne suis qu'à mi-parcours (actuellement à Drake avant de traverser par la montagne vers la côte Caraïbes). Vous résumez très bien l'impression que je me fais du pays et content d'avoir fait l'impasse sur le nord-ouest aussi. D'un côté, les locaux s'échangent les produits du jardin, de l'autre des résidences à plusieurs millions de dollars perdues sur les collines d'Ojochal (et souvent en vente...) où je me suis baladé hier (mais sûrement ailleurs aussi). C'est ce que j'expliquais aux enfants hier, si je devais à nouveau m'expatrier ce serait pour vivre comme un local. Ce serait difficile pour moi au Costa Rica plus sauvage que la Thaïlande par exemple où la nature est assez similaire mais où je pourrais vivre. Le pays est grand et espérons que les locaux trouvent toujours des terrains ou des biens à acheter à prix décent. Cela dépendra de la volonté du gouvernement qui, comme bien des pays européens actuellement, veut attirer les télétravailleurs de tous pays avec un visa de 2 ans. Pura Vida !

  • #6

    François (V&SN) (vendredi, 12 juillet 2024 07:26)

    @mathieu : merci pour votre commentaire qui fait chaud au cœur et bonne continuation sur la seconde partie de votre itinéraire !