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Islande, la route des icebergs

Texte et photographies : François

Matériel photo : Canon EOS 750D + objectif EF-S 17-55 mm F/2.8

 

 

Cet été, mon grand voyage de l'année 2019 m'a mené de Reykjavik, capitale de l'Islande, jusqu'à Vancouver, à l'Ouest du Canada au bord de l'océan Pacifique. En chemin, il a aussi été l'occasion d'une traversée des Rocheuses canadiennes. Un voyage extraordinaire d'un mois, très varié dans ses étapes et qui résonne encore en moi malgré la reprise de mon petit train-train quotidien. Aujourd'hui, il est temps d'en démarrer le récit, de poser les mots sur mon clavier afin d'en garder les émotions intactes et de le partager avec vous.

Tout a donc commencé en Islande où j'ai passé une semaine. Pour que celle-ci ne se résume pas à faire de la route, j'ai choisi de me limiter au Sud du pays le long de la route 1. Je suis parti de Reykjavik le 12 juillet pour me retrouver face aux icebergs de Jökulsárlón cinq jours plus tard. Une expérience polaire comme je n'en avais encore jamais vécue. Le spectacle de ces géants de glace restera gravé pour longtemps ! Retour en texte et en images...

 

J1 - Où je découvre la capitale

 

Mon voyage a donc débuté à Reykjavik, capitale la plus septentrionale au monde avec ses 64°N de latitude. J'y ai passé toute ma première journée. La ville est assez petite puisqu'elle n'abrite que 200 000 habitants environ (soit 60 % de la population islandaise totale). Elle se visite très facilement à pieds en un jour.

Après avoir stationné mon van sur un parking payant en bord de mer, j'ai commencé à marcher et ma première vue sur la ville a été celle du Sólfar. Cette sculpture moderne est l’œuvre de Jón Gunnar Árnason. Elle a été créée en 1990 et est aujourd'hui posée sur la rive du Golfe de Reykjavik. Egalement appelée "Voyageur du Soleil", elle évoque le départ en voyage (ça tombe bien !). Sa structure évoquera, pour les uns, un drakkar viking et, pour les autres, le squelette d'une baleine. Une jolie première image (à mon retour, j'apprendrai qu'il s'agit de l'un des endroits les plus photographiés dans le pays).

 

Le Sólfar

 

Ensuite, en longeant les quais, je suis arrivé à Harpa, bâtiment ultra-contemporain servant de centre de conférences et de salle de concerts. Il est connu pour sa mosaïque de fenêtres en nid d'abeille (évoquant les sections hexagonales des orgues basaltiques). Même si vous n'assistez à aucun concert, je vous conseille d'y entrer (accès libre) : l'architecture et le design (intérieurs comme extérieurs) sont assez impressionnants. Pour ma part, j'ai surtout apprécié ma ballade dans le port de Reykjavik qui en fait le tour : ambiance très froide (j'étais bien emmitouflé dans ma doudoune malgré le mois de Juillet !), ciel blanc, de gros bateaux de pêche et quelques maisons colorées. Même si je n'y suis encore jamais allé, cela m'a évoqué le Groenland. Petit coup de cœur également pour les phares du port, joliment peints en jaune, qui apportent une touche de couleur fort appréciable.

 

Port de Reykjavik en Islande

Le port de Reykjavik

 

Mes pas m'ont ensuite mené vers le cœur historique de la ville. Si, sur les quais, la construction d'immeubles peu esthétiques va malheureusement bon train, dans la vieille ville on découvre une capitale aux airs de village absolument charmante. Partout, les maisons colorées, en bois ou en taule ondulée, mettent du baume au cœur. Les chemins bien végétalisés alternent avec des rues de taille toujours modeste. Dans les rues commerçantes, les vitrines dévoilent les fameux pulls en laine à torsades dans lesquels on a sitôt envie de se glisser. Les locaux portent d'ailleurs chacun le leur !

 

Quelques maisons du centre

 

Et puis, comme pour résister à la rudesse du climat, j'ai senti en ville beaucoup d'énergie : pintes de bière, musique live et street art animent la ville pour ne pas céder à l'engourdissement.

 

Street art de Li Hill à Reykjavik en Islande

Murale de Li Hill, artiste canadien

Ambiances de rue

 

Enfin, pour une première visite de la ville, je ne pouvais pas manquer son église, Hallgrímskirkja, dont la forme évoque à nouveau celle des orgues basaltiques s'élançant vers le ciel.

 

Eglise de Hallgrimskirkja à Reykjavik en Islande

Hallgrímskirkja

 

Si j'avais pu rester deux jours à Reykjavik, j'aurais sans doute complété mon programme avec les choses suivantes : une promenade sur l'île Grotta à marée basse pour aller voir son phare, une sortie en mer à la rencontre des baleines, une soirée pour découvrir la nourriture locale et vibrer dans les pubs au son de la musique live.

Mais, s'agissant de mon premier jour sur place, j'ai été rattrapé par des préoccupations beaucoup plus terre à terre : me rendre dans un supermarché pour faire des courses et remplir mon van de nourriture. Ceci fait, je croisais sur le parking son gardien et lui demandais l'autorisation d'y passer la nuit. Il accepta gentiment et j'étais donc installé dans ma petite maison sur roues pour un premier dodo en Islande.

 

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J2 - Le Cercle d'Or

 

Après m'être réveillé sur le parking du supermarché sur lequel j'ai passé ma première nuit, je me suis préparé et me suis lancé sur la route pour le démarrer mon road trip. Programme du jour : le Cercle d'Or (Golden Circle). On nomme ainsi la région située à courte distance de Reykjavik qui concentre quelques uns des plus beaux sites du pays.

J'ai d'abord roulé sur la route n°1 (celle faisant le tour de l'île) vers le Nord puis j'ai bifurqué à droite sur la 36 en direction de Thingvallavatn. Très vite, je me suis retrouvé sur une étroite bande d'asphalte étirant ses courbes au milieu de paysages isolés : mon premier "waouh" en Islande !

 

Thingvallavatn dans le Cercle d'Or en Islande

Sur la route 36, le long du Thingvallavatn

 

Mon premier arrêt a été Thingvellir. Petite (grosse) déception en arrivant au centre des visiteurs : alors que j'avais eu de belles sensations de liberté sur la route, je me suis rendu compte en arrivant que la plupart des visiteurs (dont j'étais) marquent leurs arrêts aux mêmes endroits provoquant, sur certains sites, un effet de saturation assez désagréable. A Thingvellir, un parking payant (750 ISK) est dédié aux voitures et un autre aux cars qui débarquent par dizaines avec autant de groupes de touristes. Horreur ! Du tourisme de masses... De surcroît, l'entrée sur le site se fait par un chemin goudronné dont il est interdit de sortir : effet entonnoir et embouteillages garantis. Vous l'aurez compris : ce n'est pas l'endroit où je me suis senti le plus à l'aise.

Si le site est aussi couru des visiteurs, c'est parce qu'il est d'intérêt historique pour le pays : c'est en effet ici que fut fondé le premier parlement islandais en 930 (au lieu dit de l'hémicycle, aujourd'hui marqué par un drapeau). Par ailleurs, il est également d'importance sur le plan géologique : on s'y trouve à la frontière exacte entre deux plaques tectoniques (Nord-américaine à l'Ouest et Eurasienne à l'Est). En m'échappant de la foule et en allant me promener dans la vallée du rift (large de plusieurs kilomètres), j'ai pu observer par endroits les déchirures de l'écorce terrestre. Petit coup de cœur également pour la très belle petite église de Thingvallakirkja. Un site qui finalement vaut le coup d’œil à condition de ne pas y accéder par le centre des visiteurs (ce qui vous évitera la foule et d'avoir à payer le parking).

 

Thingvallakirkja

Faille de Thingvellir dans le Cercle d'Or en Islande

Thingvellir : où la Terre se déchire

 

Mon deuxième arrêt de la journée a été Geysir. C'est ce lieu qui a donné son nom au phénomène géologique que sont les geysers. Là aussi, il y avait du monde mais comme je n'avais encore jamais vu de geyser, cela ne m'a pas empêché de trouver l'endroit spectaculaire et même très amusant : se regrouper autour d'un bassin d'eau fumant et attendre que "l'éruption" se produise, propulsant eau bouillante et vapeur en hauteur : cela fait son effet ! Le geyser le plus actif du site est Strokkur qui se déclenche toutes les 5 à 10 minutes environ et peut atteindre jusqu'à 15 m ! A coté de lui, le grand Geysir est moins actif mais atteint les 25 m quand il se réveille. Pour compléter la promenade, plein d'autres petits geysers sont accessibles ainsi qu'un point de vue au sommet du site. Comptez une bonne heure sur place pour bien en profiter. Parking et accès libres.

 

Strokkur eruption in summer 2009 (4)

Geysir : Strokkur en "éruption"

 

Pour terminer cette journée, je me suis enfin rendu à Gullfoss : une cascade d'une puissance tout à fait exceptionnelle. L'après-midi était en train de se terminer. L'endroit était déjà plus calme. Et de rester un moment à admirer cette splendeur de la nature.

 

Gullfoss

 

En fin de journée, j'ai repris la route en direction du cratère Kerið (voir J3). En chemin, alors que la lumière commençait à baisser, j'ai trouvé un petit chemin un peu à l'écart avec pour seuls voisins des chevaux dans leurs pâtures. Je m'y suis posé pour y passer la nuit. Attention toutefois si vous voyagez en van dans le pays : le camping sauvage (tente, caravaning, van) est partout interdit. C'est pourquoi, chaque fois que cela a été possible, j'ai toujours demandé l'autorisation avant de me poser quelque part ou bien je me suis rendu dans un camping (prévoir alors 2 000 ISK en moyenne la nuit).

 

Deuxième nuit en compagnie de mes copains les chevaux

 

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J3 - De Selfoss à Skógar

 

Au petit matin, je me suis réveillé toujours entouré des chevaux et j'ai repris la route en direction du cratère Kerið. Après avoir vu des déchirures dans l'écorce terrestre dans la vallée du rift à Thingvellir et assisté au spectacle étonnant des geysers à Geysir, j'ai eu envie de voir une autre manifestation de l'activité géologique intense de l'Islande : un volcan. Cela est bien tombé puisque le cratère Kerið ne se trouvait qu'à quelques kilomètres de là.

Arrivé sur place de bonne heure, j'ai pu entrer sur le site gratuitement. Si j'ai bien compris, le cratère se trouve sur un terrain privé et il faut donc normalement s'acquitter d'un droit d'entrée pour y accéder. Une petite guitoune est là pour encaisser les entrées. Sauf donc que le matin, il n'y a personne. Quelques minutes de marche plus tard et je me retrouvais au sommet du petit volcan avec vue imprenable sur son cratère cerclé de roches rouges et rempli d'un petit lac vert. Malgré le temps maussade, les couleurs étaient déjà très belles. Je n'ose imaginer sous le soleil ! 

 

Cratère Kerid dans le Cercle d'Or en Islande

Le cratère Kerið

 

Ensuite, j'ai repris la route jusqu'à Selfoss où j'ai terminé la boucle du cercle d'or. De là, je me suis engagé vers l'Est sur la route n°1 en direction de Hella. Peu après cette localité, j'ai quitté la route principale pour un petit détour par Keldur. Keldur est un ensemble de bâtiments anciens dont les toits sont couverts de tourbe herbeuse (Turf Houses). Ils compteraient parmi les plus vieux du pays et ont fait l'objet d'une jolie restauration. J'avais donc envie de passer les voir. Attention, sur la route d'accès : d'abord goudronnée, celle-ci se transforme sans prévenir en une piste caillouteuse (praticable en voiture standard à condition d'adapter sa vitesse). En arrivant sur place, on peut soit faire gratuitement le tour du hameau (cela a été mon choix), soit demander une visite payante de l'intérieur des maisons. A noter également la présence d'une petite église et de son cimetière attenant ainsi que de nombreuses bêtes (une ferme est toujours en activité). Au final, Keldur est un véritable petit havre de paix, peu (pas) fréquenté et bourré de charme. Mérite le détour !

 

Le petit hameau de Keldur

Et les moutons

 

De retour sur la route 1, je profitais ensuite d'un excellent repas de midi (qui a consisté en un burger accompagné de frites et d'un soda, miam !). A noter que dans les aires de repos de la route circulaire, vous trouverez toutes les commodités utiles à un road trip : restauration, WC, carburant, Wi-Fi...

C'est le ventre repu que j'ai ensuite repris la route sur une portion que j'ai trouvée particulièrement cinématographique : à droite, l'océan et, à gauche, les montagnes du centre de l'île couvertes par endroits de glaciers. Lorsqu'au détour d'un virage, je vis l'imposante cascade de Seljalandsfoss, ce fut encore un "Waouh !". Arrêt incontournable !! Pas de précipitation néanmoins : le premier parking est payant, 200 m plus loin, c'est gratuit ! Prenez le temps d'explorer le secteur puisque Seljalandsfoss ce n'est pas UNE mais une série de quatre ou cinq cascades. Possibilité de passer derrière la première par un petit chemin : prévoyez alors une tenue parfaitement imperméable de la tête aux pieds. Ça sauce ! 

 

Seljalandsfoss

 

Quelques kilomètres plus loin (et autant de Turf Houses) et j'arrivais enfin à Skógar avec sa magnifique cascade (Skógafoss). Je décidais d'y passer la nuit au camping situé au pied de la chute.

 

Turf Houses

Cascade de Skogafoss en Islande

Skógafoss

Cascade de Skogafoss en Islande

Skógafoss

 

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J4 - Autour de Vík í Mýrdal

 

Lundi matin, je me suis réveillé sous une pluie battante ! Même si l'on ne vient pas en Islande pour bronzer, je pense que j'ai eu globalement un temps assez couvert pour un mois de Juillet. Quoi qu'il en soit, j'ai essayé de transformer cet inconvénient en un "avantage" : j'ai décidé de passer cette journée autour de Vík í Mýrdal pour profiter de ses plages de sable noir et de la mer agitée.

Je ne m'y suis pas trompé puisqu'en arrivant en haut des falaises de Dyrhólaey, j'ai découvert en contrebas une mer démontée !! 

 

Plage de Reynisfjara près de Vik i Myrdal en Islande

Vue sur la mer démontée du haut des falaises de Dyrhólaey

 

C'est également ici que j'ai fait une des plus belles rencontres de mon voyage puisque j'ai pu y observer de très nombreux macareux (puffins en anglais). Je les avais loupés en Irlande trois ans auparavant ; cela a donc été une grande joie cette fois que de pouvoir les voir aussi nombreux et d'aussi près. Il faut savoir qu'en Juillet, ces oiseaux sont très présents dans de nombreux sites islandais puisque c'est leur période de nidification. Pour l'occasion, ils creusent des terriers dans l'herbe en haut des falaises parfois juste à coté du chemin. Si vous êtes chanceux, vous pourrez en observer le bec plein de poissons qu'ils ramènent à leurs petits. Et puis leur petite bouille de clown triste, perso : je craque !! Seule incompréhension de ma part : en Islande, on mange du macareux !! Mais pourquoi ??

 

Les macareux en haut des falaises

Et les chevaux, jamais loin et toujours curieux de venir voir ce qu'il se passe

 

L'après-midi, je me suis ensuite rendu à Reynisfjara. On y trouve une magnifique plage de sable noir qui s'étire sur des kilomètres. Pour marcher le nez au vent c'est juste un endroit parfait ! Beaucoup de gens y jouaient avec les vagues malgré les nombreux panneaux de danger. Attention si vous venez par ici : les vagues sont traîtres et peuvent emporter les piétons qui marchent un peu trop près ! Vous voilà prévenus. Après quelques centaines de mètres, on se retrouve vite seul face aux éléments.

 

Plage de sable noir de Reynisfjara

 

Le site de Reynisfjara est également connu pour son magnifique affleurement d'orgues basaltiques entourant l'entrée d'une grotte. Malheureusement, comme au centre des visiteurs de Thingvellir, j'y ai à nouveau souffert du tourisme de masse. Comprenant qu'un car laisserait toujours la place à un autre et encore à un autre et que je ne pourrais jamais profiter des lieux tranquillement, j'ai fait le choix de me "retrancher" dans mon van et d'y passer le reste de l'après-midi bien au chaud à écouter de la musique (du Ólafur Arnalds, très à propos). Grand bien m'a pris puisque une fois le "soir" venu (il fait jour une bonne partie de la nuit en Juillet), j'ai pu me délecter des magnifiques colonnes de basalte (presque) seul. Un des endroits (et des moments) que j'ai préférés.

 

Orgues basaltiques sur la plage de Reynisfjara près de Vik i Myrdal en Islande

Les orgues basaltiques de Reynisfjara

Orgues basaltiques sur la plage de Reynisfjara près de Vik i Myrdal en Islande

Les orgues basaltiques de Reynisfjara

 

Comme il était déjà tard, j'ai fait une petite entorse aux règlements ce soir là en me garant et en dormant à coté de Reyniskirkja. Je décidais alors de mettre mon réveil de bonne heure le lendemain matin de manière à plier les gaules avant les premières heures du jour pour ne pas gêner.

 

Eglise de Reyniskirkja près de Vik i Myrdal en Islande

Reyniskirkja

 

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J5 - Le parc national de Skaftafell

 

Mardi matin, pour mon cinquième jour sur place, j'ai repris la route 1 en direction du parc national de Skaftafell. Celui-ci est à ne pas manquer si vous venez en Islande puisqu'il abrite le Vatnajökull qui, avec ses 8 400 km2, n'est ni plus ni moins que le plus grand glacier d'Europe ! Par endroits, on dit que la glace peut atteindre 1 km d'épaisseur ! Après une journée passée dans les prairies vertes de Seljalandsfoss et de Skógafoss puis une autre sur les plages de sable noir de Vík í Mýrdal, je me souviens avoir eu une très forte impression lorsque j'ai vu apparaître le monstre de glace, devant moi, dans le prolongement de la route. Spectaculaire !

 

Parc national de Skaftafell en Islande

Sur la route 1 en direction du parc national de Skaftafell

 

Arrivé à l'entrée du parc, je me suis d'abord retrouvé aux pieds du Skaftafellsjökull et du Svínafellsjökull, deux langues glaciaires descendant du Vatnajökull presque jusqu'à la route. Je me suis donc garé sur un petit parking gratuit en bord de route et ai entrepris une courte randonnée pour m'en approcher un peu plus. Bien sûr, en solo, on se contentera d'admirer le spectacle. Si vous souhaitez marcher sur les glaciers ou visiter une ice cave, de nombreuses expéditions guidées sont possibles. Pour ma part, je suis allé me poster devant le Svínafellsjökull qui se termine par une lagune glaciaire, retenue par une moraine frontale, dans laquelle le glacier libère des icebergs. Je n'avais jamais rien vu de tel et j'étais absolument seul sur le site. Un grand moment ! 

 

Glacier Skaftafellsjökull dans le parc national de Skaftafell en Islande

Skaftafellsjökull

Svínafellsjökull

 

Après un déjeuner bien au chaud à l'intérieur de mon van, je suis ensuite allé me garer sur le parking du centre des visiteurs (750 ISK). Si l'on veut éviter ces frais, on peut très bien faire la petite marche d'approche à pieds. De là, de nombreux sentiers de randonnée sont proposés pour partir à la découverte du parc national. J'ai pris celui montant d'abord jusqu'à Hundafoss (la "chute des chiens"). De la plateforme d'observation, on peut admirer la cascade se fracassant quelques dizaines de mètres plus bas. Le sentier m'a ensuite mené à l'une des cascades les plus célèbres d'Islande : Svartifoss,  qui se jette du haut d'un mur d'orgues.

 

Hundafoss (à gauche) et Svartifoss (à droite)

 

Ma randonnée de l'après-midi s'est enfin terminée à Sel, jolie bergerie de 1912 aujourd'hui abandonnée et entièrement couverte d'herbe. A l'intérieur (accès libre) tout le mobilier est resté en place et l'on imagine la vie des personnes qui l'occupaient il y a maintenant plus d'un siècle. Comptez 2 ou 3 h pour l'ensemble de la randonnée.

 

Bergerie de Sel dans le parc national de Skaftafell en Islande

Sel, voyage dans le temps dans une authentique bergerie

 

Ayant été contraint de faire du camping sauvage la veille (ce qui est normalement interdit dans le pays), je décidais ce soir là de dîner à la cafétéria du centre des visiteurs (2 100 ISK) et de dormir au camping (2 200 ISK) en rêvant du lendemain où m'attendait le point d'arrivée de mon circuit.

 

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J6 - Les icebergs de Jökulsárlón

 

Je ne vais pas dire que c'est pour eux que je suis venu en Islande mais ils ont sans doute joué un rôle important dans la validation de cette destination. Ils étaient là, à m'attendre, à moins de 1 h de route du centre des visiteurs de Skaftafell. Aussi, j'ai quitté ce dernier de bonne heure impatient de me trouver face à eux.

La route s'est très bien passée en longeant la bordure orientale du parc national et quel émerveillement quand j'ai vu apparaître les énormes masses de glace bleues. Elles étaient là, tout prêt de la route. Je me suis alors garé (parking gratuit) et ai commencé à me promener sur le site.

Comme le SvínafellsjökullJökulsárlón est une lagune pro-glaciaire retenue par une moraine frontale. Le vêlage du glacier y libère des icebergs entre lesquels on peut parfois voir des kayaks ou encore des phoques. J'ai découvert ce paysage polaire dans une ambiance très particulière puisque le temps était tellement couvert qu'il faisait presque nuit (en guise de soleil de minuit, j'ai plutôt eu une lune de midi pendant mon voyage !). Quoi qu'il en soit, c'était impressionnant !

 

Lagune glaciaire de Jökulsarlon dans le parc national de Skaftafell en Islande

Jökulsárlón

Jökulsárlón

 

Le décor se prolonge un peu plus loin puisque la lagune est reliée à l'océan par une rivière qui draine les icebergs. Ceux-ci sont alors rabattus par les vagues sur une plage de sable noir sur laquelle ils s'échouent tels des diamants (Diamond Beach).

 

Diamond Beach à Jökulsarlon dans le parc national de Skaftafell en Islande

Diamond Beach

 

Après avoir passé la matinée entière dans ce paysage époustouflant, j'ai roulé jusqu'à Höfn, point le plus oriental de mon itinéraire. Là, j'ai déjeuné dans mon van garé sur le port.

 

Port de Höfn

Le port de Höfn

 

Un avion m'attendant le lendemain pour partir vers la suite de mon périple, j'ai ensuite repris la route, tout l'après-midi, pour revenir sur mes pas (6 - 7 h de route environ). Mon trajet a été animé par quelques traversées de moutons et arrêts dans des champs de lave pour finalement atterrir au camping de Hella où j'ai passé la nuit (2 000 ISK). Une semaine si dense et déjà quasi finie...

 

Sur la route du retour

 

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J7 - La péninsule de Reykjanes

 

Le jour de mon départ m'attendait une drôle de surprise : alors que j'ai eu une météo très grise toute la semaine, je me suis réveillé au camping de Hella sous un magnifique ciel bleu. Dis donc ! On ne se moquerait pas un peu de moi ? Certes, je ne m'attendais pas à la canicule en venant en Islande mais, un peu de lumière, ne serait-ce que pour les photos, ça ne m'aurait pas déplu !

Après un bon petit déjeuner, je me suis rendu aux sanitaires au milieu des lapins qui gambadaient dans l'herbe. C'est quand même beau l'été ! Du coup, j'ai passé une très agréable matinée, avant de reprendre l'avion, à vagabonder dans la péninsule de Reykjanes (la région de l'aéroport, que l'on visite généralement en arrivant ou en repartant).

Mon premier arrêt a été Strandakirkja, une très jolie petite église, façon "La petite maison dans la prairie", avec son cimetière et l'océan à quelques centaines de mètres. J'ai trouvé l'endroit absolument charmant avec également la présence d'une maquette de Turf Houses plantée au milieu de l'herbe. Si c'est pas de la mignonnerie ça !

 

Eglise de Strandakirkja dans la péninsule de Reykjanes en Islande

Strandakirkja

Champ de lave dans la péninsule de Reykjanes en Islande

Champ de lave, péninsule de Reykjanes

 

Puis, je me suis rendu au champ géothermique de Seltún où j'ai retrouvé un peu de l'ambiance géologique du début de mon séjour : comme à Geysir, ici, tout n'est que bains de boue bouillonnante. Cela fait des blurp, blup, blup le tout dans une agréable odeur d’œuf pourri :) Non, plus sérieusement, le site est joli, bien aménagé et jouit de la proximité immédiate de deux lacs : Kleifarvatn et Graenavatn. Un bel endroit pour une dernière promenade.

 

Seltún

 

Enfin, avant de monter dans l'avion, je suis quand même allé jeter un œil au Blue Lagoon (que j'ai délibérément écarté de mon circuit : trop cher, trop touristique). Une petite promenade à l'extérieur du site m'a permis de passer au milieu de quelques bains et d'apprécier leur couleur bleue laiteuse. Si vous en avez la curiosité, pourquoi pas mais ce n'est vraiment pas l'endroit qui m'a paru le plus indispensable. C'est en tout cas sur cette vue que j'ai quitté ce magnifique pays pour prendre le chemin... du Canada !! 

 

Blue Lagoon dans la péninsule de Reykjanes en Islande

Blue Lagoon

 

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Guide pratique

>>> Comment s'y rendre ?

* Pour ce voyage, je suis parti de l'aéroport de Paris Charles de Gaulle (CDG) terminal 1. C'est une option que j'aime assez en venant de Reims car j'y ai accès par une ligne de TGV directe qui part de la gare de Reims centre-ville pour arriver directement dans l'aérogare. L'aérogare se trouvant dans le terminal 2, j'ai dû prendre le CDGVAL pour en changer.

 

* J'ai volé avec Icelandair. Rien à redire sur ce vol Paris - Reykjavik. En revanche, j'ai été très déçu par mon vol Reykjavik - Vancouver (mais ça, c'est une autre histoire, j'y reviendrai donc dans un prochain article). A noter tout de même le prix TRÈS élevé du bagage en soute : 44 Euros ! Cela peut-être une raison tout à fait valable de choisir une autre compagnie ! A bord, aucun service inclus (pas même les écouteurs)...

 

* Le vol Paris - Reykjavik dure 3 h 50 et l'on recule sa montre de 2 h en arrivant.

 

* Pour la réservation de mes vols, je privilégie toujours la plateforme ebookers. Celle-ci a l'énorme avantage à mon sens de sortir directement les prix réels des billets lorsque vous effectuez une recherche (incluant les différents frais de gestion, taxes...). A l'inverse, les plateformes concurrentes annoncent généralement des prix plus bas dans leurs résultats de recherche mais les frais annexes viennent ensuite s'ajouter au fur et à mesure de votre réservation parfois même jusqu'au moment de payer parce que vous n'avez pas "la bonne carte". Au final, les prix sont biaisés et les comparaisons fastidieuses.

 

>>> Comment s'y déplacer ?

* Pour mes déplacements en Islande, et aussi pour mes nuitées, j'ai choisi une option tout en un puisque j'ai effectué ce road trip à bord d'un van.

 

* Pour la réservation de mon véhicule, je l'ai faite en ligne via Motorhome Iceland. C'est en fait une centrale de réservation qui travaille avec de nombreux loueurs locaux. Je me suis retrouvé chez Lava. Ma réservation en ligne s'est très bien passée et les conseillers ont été très réactifs en répondant à toutes mes questions pour m'aider à choisir le type de véhicule qui me conviendrait le mieux. Une large gamme est en effet proposée du simple van pour deux personnes au camping-car pouvant accueillir plus de six personnes ! Voyageant seul, j'ai opté pour le "camper for two".

 

* Attention : si mon véhicule s'est révélé tout à fait pratique, j'avais par contre imaginé, avant de partir, que j'allais pouvoir avec lui m'enfoncer dans des terres sauvages et dormir au beau milieu de nulle part. Or, du fait de l'afflux touristique sans cesse croissant depuis 2008 (en particulier au mois de Juillet qui est la haute saison), l'Islande a décidé d'interdire totalement le camping sauvage. Le soir, vous êtes donc obligés de trouver un terrain de camping pour y passer la nuit. Dans le Sud du pays, il y en a partout, on en trouve un très facilement et il y a toujours de la place. Comptez environ 20 Euros la nuit. Mon van m'ayant coûté environ 90 Euros par jour, cela m'a fait des tranches de 24 h à 110 Euros. C'est cher mais attention : l'Islande est un pays excessivement cher. Si vous optez pour une nuit en dortoir dans une auberge avec votre sac de couchage (sleeping bag accomodation), en haute saison, c'est environ 70 Euros. Si vous allez à l'hôtel, vous ne trouverez rien à moins de 100 Euros. Donc si vous y rajoutez une petite voiture économique à environ 50 Euros par jour, vous arrivez à des tranches de 24 h de 120 Euros pour l'option auberge et de plus de 150 Euros pour l'option hôtel. En comparaison, le van reste donc relativement économique.

 

* A noter qu'au mois de Juillet, on peut tout aussi bien imaginer prendre une petite voiture et dormir en toile de tente. Le budget est alors imbattable : environ 50 Euros par jour pour une petite voiture économique + 20 Euros la nuit, vous tombez à 70.

 

* Pensez également que le type de véhicule choisi va avoir un effet très important sur votre budget mais aussi sur votre itinéraire. En effet, en véhicule standard, vous pouvez en été découvrir le Sud de l'Islande en une semaine ou en faire le tour complet par la route 1 en deux semaines mais pas vous enfoncer dans les terres. Pour accéder au centre de l'île, il faut en effet emprunter les routes F qui nécessitent obligatoirement un 4*4. A vous de trouver votre combinaison véhicule / budget / type d'itinéraire.

 

* Pour votre location de voiture standard ou de 4*4, nombreux loueurs présents dont Reykjavik Cars.

 

>>> Pour quel budget ?

 

Pour mon voyage d'une semaine dans le Sud du pays sur la route 1 en van aménagé au mois de Juillet, j'ai dépensé : 

   181 (vol aller Paris - Reykjavik)

+ 665 (van)

+ 40 (camping)

+ 120 (carburant)

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1006 Euros

 

 

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