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Malte et Gozo, mon programme de deux semaines

Texte et photographies : François

Matériel photo : Canon EOS 750D + objectif EF-S 17-55 mm F/2.8

 

 

Cet été, après mes échappées à Lisbonne et à Marrakech, j'ai continué à profiter du soleil du Sud en posant mes valises à Malte. Cet archipel, coincé entre la Sicile et les côtes tunisiennes, comprend trois îles : Malte (l'île principale), Gozo et Comino (mieux préservées et plus sauvages). Chacune offre un visage très différent et, amoureux de nature, c'est bien sûr Gozo qui a eu ma préférence (Malte étant surtout intéressante pour la culture). En guise de présentation, on peut également rappeler que Malte est le plus petit pays membre de l'Union Européenne et que sa capitale, La Valette, était "capitale européenne de la culture" en 2018.

Mon voyage s'est déroulé du mercredi 25 juillet au mercredi 08 août. J'ai d'abord passé une semaine sur l'île de Malte, où j'ai été logé à Birkirkara, puis une seconde sur Gozo, avec un hébergement à Gharb. Quelques mois ont passé et je reviens à présent sur le déroulement de ce voyage.

 

J1 - Découverte de la capitale, La Valette

 

La première journée de mon séjour à Malte a été consacrée à la découverte de sa capitale : La Valette. Celle-ci possède une architecture très militaire. Elle fut en effet construite à partir de 1565, à la suite du grand siège de l'île par les Ottomans, avec la volonté d'en faire une forteresse imprenable. Remparts, fossés et canons sont au rendez-vous. La seconde chose que l'on remarque tout de suite en arrivant à La Valette c'est sa couleur, très particulière, que l'on retrouve un peu partout dans le pays. Ici, tout ou presque est construit dans la pierre locale (un calcaire nommé globigérine) qui donne à Malte sa couleur de miel.

Pour le promeneur, La Valette se découvre très bien à pieds puisque son cœur historique, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, se concentre sur une étroite péninsule dont on fait aisément le tour en une journée. Les rues, ruelles et escaliers sont tous perpendiculaires les uns aux autres et réservent quelques beaux dénivelés ! Parmi les éléments visuels que j'ai préférés, il y a les fameuses bow-windows colorées qui tranchent sur les pierres de taille jaunes omniprésentes. On s'amusera également de croiser quelques vestiges de l'époque coloniale anglaise (dont des cabines téléphoniques rouges). Les amateurs de culture adoreront ce musée à ciel ouvert et ne manqueront pas de se replonger dans l'époque des chevaliers de l'Ordre de Malte en visitant le palais des Grands-Maîtres et la co-cathédrale Saint-Jean. Ceux qui préfèrent la nature pourront passer un moment agréable dans le mignonnet Upper Barraca Garden (avec sa fontaine centrale, l'ombre providentielle de quelques arbres, des parterres de fleurs, un café-terrasse sympathique et une belle vue sur la mer ainsi que sur les Trois Cités situées de l'autre coté du port). L'un des endroits que j'ai le plus aimés à La Valette.

 

Les fameuses bow-windows

Upper Barraca Garden, mon coup de cœur à La Valette

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J2 - Le charme tranquille de Birgu

 

Pour mon deuxième jour, je suis retourné au matin à La Valette dans l'Upper Barraca Garden. J'y ai trouvé un ascenseur qui m'a permis de descendre sur les quais où j'ai pris place dans une petite embarcation traditionnelle, une sorte de gondole version maltaise, pour traverser le port direction les Trois Cités. C'est ainsi que l'on nomme Birgu (Vittoriosa), Isla (Senglea) et Bormla (Cospicua) qui font face à La Valette dans une baie quasi fermée. On y retrouve la pierre jaune et les fortifications qui donnent à l'ensemble une grande unité. La principale différence entre les Trois Cités et La Valette est l'ambiance de village qui y règne. J'ai aimé flâner dans le dédale des petites ruelles, me perdre dans les escaliers, zigzaguer entre les pots de fleurs. J'ai aussi aimé me baigner à la pointe du fort Saint-Ange et me promener dans les anses remplies de bateaux. Au soir, de retour dans l'Upper Barraca Garden, c'est le moment où la lumière est la plus belle sur les Trois Cités.

 

Traversée du Grand Harbour en embarcation traditionnelle

Le charme des petites ruelles

Grand Harbour

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J3 - Mdina, la cité silencieuse

 

Au matin de mon troisième jour, je suis sorti pour la première fois en voiture de La Valette (jusqu'alors, je n'avais pris que le bus). Évacuons tout de suite le point noir de mon voyage : si le centre historique de La Valette et ceux des Trois Cités sont très jolis, il n'en va pas de même de leur périphérie dont la traversée semble interminable. Et de constater que Malte a opté pour le bétonnage intensif, moteur de son développement économique, au dépend de la protection de son patrimoine naturel. Lorsque l'on s'extirpe enfin du tissu urbain, c'est pour mieux apprécier la trop rare campagne avec, en ligne de mire, la fière cité de Mdina perchée sur sa colline centrale.

Mdina est la cité la plus ancienne de l'île, bien plus vieille que La Valette. S'y sont succédés les Grecs, les Romains, les Arabes, les Normands... J'ai retrouvé quelques similitudes avec l'histoire de la Sicile, les invasions successives ayant été sensiblement les mêmes. C'est aux Arabes que l'on doit d'ailleurs l'établissement des fortifications qui ceinturent la cité (d'où le nom de "Mdina" dérivé de "la médina"). S'y promener c'est faire un saut dans le temps puisque vous ne trouverez à l'intérieur des remparts ni hôtels, ni boutiques... Seuls les pas des visiteurs et les sabots des chevaux résonnent dans les allées tortueuses de la ville musée troublant à peine son silence. A visiter de préférence aux heures les plus calmes de la journée.

 

Mdina perchée sur sa colline

Entrée dans la cité du silence

Les ruelles tortueuses de Mdina

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J4 - Le marché aux poissons de Marsaxlokk

 

A une trentaine de minutes en voiture au Sud de La Valette, on trouve le très joli village de pêcheurs de Marsaxlokk. C'est sans doute un des endroits que j'ai préférés sur l'île de Malte. Je vous conseille de vous y rendre le dimanche matin puisque c'est à ce moment que se tient le marché aux poissons. Evidemment, même si je suis quelqu'un de plutôt organisé, j'ai réussi à m'y rendre le seul dimanche de l'année où il n'y avait pas de marché pour cause de fête religieuse. Du coup, j'ai été accueilli par les cloches et les chants sortant des églises et j'ai pu découvrir le village décoré de mille guirlandes colorées et d'icônes religieuses sorties ici et là. Ce n'est pas ce à quoi je m'attendais mais c'était bien aussi.

La matinée, je me suis baladé le long du port où l'on découvre une multitude de petites barques colorées (les luzzu). Notez, à l'avant de leur coque, de chaque coté, un œil peint et parfois en relief. Il s'agit de l’œil d'Osiris (le Dieu égyptien) censé éloigner le mauvais sort. Tout le long des quais, on trouve une ribambelle de restaurants où l'on sert... du poisson ! Idéal pour un bon déjeuner ! Et puis l'après-midi, cela a été baignade dans la piscine naturelle Peter's pool. Même si l'on peut y aller en voiture, je vous le déconseille formellement : le chemin est caillouteux et pas plus large qu'une voiture. Si vous croisez quelqu'un, c'est foutu. Le sentier pédestre se trouve au bout de la baie sur la gauche et il est indiqué par un panneau. Il n'y a pas plus de 15 minutes de marche. On peut aussi s'y rendre en luzzu (je n'ai pas testé mais, en gros, on vous donne une heure de départ, une heure de retour, et vous restez autant que vous voulez sur place). Et de constater que c'est effectivement un point de baignade très agréable.

 

Le port de Marsaxlokk et ses luzzu

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J5 - Visite aux San Anton Gardens à Attard

 

A Attard, dans le centre de l'île, on trouve les San Anton Gardens (jouxtant le palais du président de la république). Rare parenthèse de fraîcheur, sur une île ou toute fleur semble condamnée à mourir grillée par le Soleil, ces jardins sont incontournables pour les amoureux de botanique. En plus, l'entrée y est gratuite !

Le jardin est très joliment aménagé et bien entretenu. On peut y profiter d'une belle collection d'arbres exotiques, d'une pergola, de parterres de fleurs, de bancs ombragés... Et d'apprécier également la présence de bassins dans lesquels barbotent canards, cygnes, tortues... Visiter les San Anton Gardens, c'est s'offrir une parenthèse de verdure dans un univers minéral écrasé par le Soleil. On ne pourra qu'apprécier ! 

 

Sous la pergola des San Anton Gardens

San Anton Gardens

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J6 - La Triq Panoramica en voiture

 

Pour mon sixième et dernier jour sur l'île de Malte, j'ai repris la voiture en direction du Sud-Ouest (la partie la plus sauvage de l'île). J'y ai trouvé une très belle route longeant la mer du haut des falaises : la Triq Panoramica. Son point culminant se trouve au niveau des falaises de Dingli (250m). On peut y voir les strates calcaires bien délimitées qui constituent l'île. Les plus beaux points de vue sont ceux que l'on a depuis le radar maritime et, un peu plus loin, la chapelle de Sainte-Marie-Madeleine (1646). En fin de journée, ce sont de bons spots pour observer le coucher du soleil.

Pour agrémenter une journée le long de cette route, plusieurs points de baignade sont possibles : Ghar Lapsi (où l'on trouve deux piscines naturelles assez fréquentées) et Blue Grotto (possibilité de faire une petite excursion en luzzu). J'ai pour ma part passer ma matinée à la Blue Grotto où j'ai déjeuné dans l'un des petits restaurants présents sur place. L'après-midi, direction Ghar Lapsi pour une nouvelle baignade. En fin d'après-midi, j'ai sillonné la route à la recherche de points de vue.

 

La petite anse au départ de la Blue Grotto

Les falaises de Dingli

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J7 - Transfert vers Gozo

 

Mercredi 1 août, à mi-séjour, j'ai quitté mes très gentils hôtes de Malte (Emmanuel et Rose) pour de nouvelles aventures à Gozo. Pour m'y rendre, j'ai pris un ferry de la Gozo Channel Company à Cirkewwa. Sur le plan pratique, pas besoin de réserver son ferry : on monte dedans dans l'ordre d'arrivée (que ce soit pour les piétons comme pour les voitures). La traversée dure une vingtaine de minutes pendant lesquelles on peut profiter du soleil sur le pont. Et juste avant d'arriver à Mgarr, de se remettre au volant de sa voiture pour reprendre la route.

Dès que j'ai mis le pied (ou plutôt le pneu) sur Gozo, j'ai de suite été charmé. J'y ai trouvé une petite île authentique, bien préservée, calme, faite de villes et de villages de taille modeste dispersés dans une jolie campagne. Un cadre bucolique parfait pour des vacances. Après m'être installé dans mon nouveau "chez-moi" (à Gharb), j'ai donc tout de suite entrepris une marche à pieds, dans la campagne gozitaine, qui m'a fait passé à proximité de la basilique Ta'Pinu, du phare de Ta'Gurdan et de la chapelle Saint-Dimitri.

Une belle entrée en matière !

 

En route vers Gozo

La campagne gozitaine autour de Gharb

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J8 - Les remparts de Victoria

 

A mon premier réveil sur Gozo, j'ai décidé de me rendre dans la ville la plus importante de l'île : Victoria. Celle-ci occupe à peu près la même place que Mdina à Malte en ce sens qu'elle se trouve au centre de l'île et entoure une citadelle perchée sur sa colline. Du coup, on ne voit qu'elle sur la route ! 

En arrivant, j'ai stationné mon véhicule le long de la triq ir-Repubblika, non loin des Villa Rundle Gardens (des jardins qui méritent un petit arrêt). Et de grimper les marches de la citadelle ! Sa physionomie m'est apparue effectivement très proche de celle de Mdina : ruelles tortueuses très calmes, remparts, canons, omniprésence de la pierre jaune... Certains bâtiments abritent de petits musées et, du sommet, on a une belle vue sur toute l'île.

Après avoir déjeuné place de l'Indépendance, j'ai ensuite consacré mon après-midi à me promener dans la vieille ville où j'ai retrouvé le charme tranquille de Birgu : dédale de ruelles pavées très calmes, bow-windows, placettes et églises...

 

Halte aux Villa Rundle Gardens de Victoria

La citadelle de Victoria, point culminant de Gozo

Les ruelles de la vieille ville

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J9 - Une journée aux salines de Marsalforn

 

Vendredi, j'ai sans doute passé l'une des meilleures journées de mon voyage. Je me suis rendu pour cela, via Victoria, à Marsalforn. Il s'agit d'une des localités qui, avec Xlendi, offre le plus de possibilités d'hébergements pour les vacanciers. Sa plage est donc gentiment bordée de résidences. Sur la gauche, en empruntant la triq Santa Marija, on peut néanmoins atteindre des points de baignade plus authentiques, notamment autour de Qolla I-Bajda (un bâtiment partiellement en ruine). C'est là que j'ai passé ma matinée. Quelques bons restaurants.

L'après-midi, j'ai poussé un peu au-delà. La route n'est alors plus longée que par des salines (salt pans) dont les plus anciennes ont été creusées à même la roche par les Romains. Quelques familles gozitaines vivent encore de leur exploitation et proposent leurs produits aux visiteurs le long de la route. Un très bel endroit de nature.

 

Les salines de Marsalforn

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J10 - Snorkeling au Wied il-Ghasri

 

Samedi, je suis parti à nouveau pour un endroit superbe : le Wied il-Ghasri. Pour le trouver, le mieux est d'arriver des salines de Marsalforn. Après les derniers bassins, on trouve sur la droite un chemin très cahoteux qu'il est préférable de descendre à pieds. Et de découvrir, après quelques centaines de mètres, un magnifique bras de mer translucide coincé entre deux parois rocheuses : une merveille ! Pour y descendre, un petit escalier de pierres rejoint une plage de galets quasi secrète. Il n'y a plus qu'à chausser masque, tuba et chaussons de plongée pour passer la journée dans une eau translucide entouré de poissons multicolores. A ne pas rater ! 

Au retour, en poussant vers Gharb, possibilité de découvrir une très belle arche naturelle : le Wied il-Mielah. Attention toutefois : le chemin qui y mène n'est pas goudronné.

 

Le Wied il-Ghasri, un des trésors de Gozo

Arche naturelle au Wied il-Mielah

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J11 - Dwejra Bay

 

Pour ma dernière journée à Gozo (les jours 12 et 13 ayant été pluvieux !), j'ai choisi de me rendre à l'Ouest de l'île dans la baie de Dwerja. En y arrivant, on ressent une sensation très agréable de bout du monde, de fin du voyage. Il faut dire que cette zone a été préservée de toute construction (enfin presque : il y a quand même une petite chapelle et des box pour ranger les bateaux autour de la "mer intérieure"). C'est donc le parfait endroit pour une dernière baignade, une dernière ascension des falaises dominant tout le paysage. Les visiteurs venaient encore en nombre, il y a de ça quelques années, pour admirer l'azure window (dont l'érosion a fini par provoquer la chute en mars 2017). Reste une très joli baie veillée par son Fungus Rock.

 

La baie de Dwejra

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Infos pratiques

Pour ce voyage, je suis parti de Paris Roissy (terminal 2D) le mercredi 25 juillet à 10h20 et suis arrivé à Luqa à 13h05 heure locale (pas de décalage horaire).

Pour rejoindre mon logement, j'ai récupéré à l'aéroport ma voiture de location prise chez Goldcar. A noter qu'à Malte, les agences de location de voitures situées à l'aéroport refusent les transactions avec les cartes portant la mention "carte de débit" et exigent une "carte de crédit". Si vous n'êtes pas en mesure d'en fournir une, vous ne pourrez pas faire de dépôt de garantie et serez donc contraints de souscrire une assurance "zéro franchise". Ça pue l'arnaque, mais c'est comme ça...

Pendant ma semaine à Malte, j'ai été logé chez Emmanuel et Rose dont j'ai trouvé le logement via Airbnb. J'y ai occupé une chambre simple très basique mai fonctionnelle et ai bénéficié d'un accueil familial on ne peut plus chaleureux en plus d'avoir pu utiliser toutes les parties communes. Des hôtes adorables ! 

Pendant ma semaine à Gozo, j'ai loué chez Philip une chambre double avec salle de bain privative dans une villa ultra propre, spacieuse et moderne. 

Pour mes déplacements à Malte, j'ai parfois pris le bus (principales lignes accessibles à l'hôpital Mater Dei). Pour le reste, j'ai pris ma voiture. A noter que si Malte est une petite île, il n'en demeure pas moins que l'urbanisation va bon train dans la très large périphérie de La Valette. Un GPS est le bienvenu pour ne pas se perdre. Le réseau de bus est quant à lui parfois confus et les trajets très longs. Bref, je n'ai pas trouvé de moyen de transport idéal à Malte.

A Gozo, la voiture est au contraire incontournable et vous permettra de profiter de l'île en toute liberté.

Enfin, héritage de son passé colonial anglais, on roule à gauche !


Vol : 211 Euros

Emmanuel et Rose : 128 Euros

Philip : 264 Euros

Voiture (Goldcar) : 211 Euros

Carburant : 40 Euros

Ferry (Gozo) : 15 Euros

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869 Euros pour un séjour de deux semaines

(hors repas, boissons et activités)

Le centre historique de La Valette est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO de même que les différents sites mégalithiques présents à Malte et Gozo.



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