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La Réunion, deux semaines en solo et en van

La Réunion

  

Durant le mois de septembre 2025 (plus précisément de fin août à début septembre), je me suis rendu pour la première fois sur l'île de La Réunion, petit caillou de l'océan indien posé au large de Madagascar. J'y ai effectué un séjour de 15 jours en solo et en van, ce qui s'est avéré une excellente manière de découvrir cette destination tant elle comporte de nombreux spots où se poser la nuit (en toute légalité). Mon itinéraire a consisté à en faire le tour dans le sens des aiguilles d'une montre, avec plusieurs incursions dans Les Hauts (expression qui désigne ici les reliefs escarpés du centre de l'île). J'ai ainsi pu découvrir la végétation luxuriante de l'Est de l'île, les paysages lunaires du volcan ainsi que les eaux turquoises de son lagon à l'Ouest.

Dans cet article, je reviens avec vous en détails sur ce voyage dont je vous livre l'itinéraire complet au jour le jour. Pour chaque étape, j'ai indiqué les trajets effectués, les activités faites (avec leurs tarifs en vigueur au moment de mon passage) ainsi que les endroits où j'ai mangé et dormi. Alors, prêts à me suivre dans ce tour de l'île intense ?

 

J1 - Où j'arrive à Saint-Denis

 

Mon voyage sur l'île de La Réunion a débuté mercredi 27 août 2025, date à laquelle j'ai atterri à l'aéroport Roland Garros de Saint-Denis (RUN) à 06h30 du matin, heure locale (après un vol de nuit opéré par la compagnie Air France en provenance de Paris CDG). Après y avoir récupéré mes bagages et effectué les formalités d'entrée, j'y ai retrouvé la navette venue me chercher pour m'emmener à l'agence de location de mon van. Pour celle-ci, j'ai choisi l'agence Van Away de Saint-Gilles que je ne peux que recommander puisque j'y ai reçu un excellent accueil de Julie qui a bien pris le temps de me montrer toutes les fonctionnalités du véhicule (le Camper Van Malaga) lequel s'est avéré au top ! Vers 11h, j'ai pris la route pour Savannah où j'ai effectué des courses pour remplir le frigo de ma maison sur roues avant de déjeuner dans une enseigne présente dans la zone commerciale. En début d'après-midi, j'étais donc prêt à démarrer mes visites. Au programme : petite balade dans Saint-Denis que j'ai débutée au Barachois (front de mer avec ses antiques canons rappelant les rivalités anglo-françaises pour la possession de l'île et où se trouve également le bâtiment de la préfecture).

 

Bâtiment de la préfecture à Saint-Denis, La Réunion

 

Barachois

 

Barachois (front de mer avec canons) à Saint-Denis, La Réunion

 

J'ai ensuite remonté la Rue de Paris, où j'ai pu voir de très belles maisons coloniales, pour atteindre le Jardin de l’État (entrée libre). Celui-ci est un très beau jardin botanique, regroupant une collection de plantes ramenées du monde entier, organisé autour d'un plan d'eau au bout duquel siège un petit Museum d'Histoire Naturelle (prix = 3 €).

 

Jardin de l'Etat à Saint-Denis, La Réunion

 

En milieu d'après-midi, j'ai enfin quitté Saint-Denis pour démarrer mon tour de l'île. Mes premiers kilomètres m'ont conduit, en 30 minutes environ, via la N2, jusqu'à Sainte-Suzanne où j'ai quitté l'axe principal pour atteindre, par des petits chemins goudronnés traversant les champs de canne à sucre, la Cascade Niagara. Celle-ci a été mon premier coup de cœur du voyage. J'ai beaucoup aimé la fin du trajet y menant à travers champs, l'apparition de la cascade au dernier moment et tout son environnement couvert d'une végétation luxuriante pour une ambiance très exotique. Bien qu'en saison sèche et ayant un débit réduit, j'ai trouvé la cascade très belle et la présence de nombreux oiseaux m'a aussi ravi.

 

Cascade Niagara à Sainte-Suzanne, La Réunion

 

Cascade Niagara

 

Cascade Niagara à Sainte-Suzanne, La Réunion

 

Le soir, j'ai fait de la cascade Niagara mon premier spot dodo. Et de m'endormir dans ce bel écrin de nature.

 

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J2 - Route vers le Cirque de Salazie

 

Pour mon premier réveil sur l'île de La Réunion, j'ai donc eu la chance d'ouvrir les yeux face à la Cascade Niagara. Je m'y suis alors trouvé seul, pour les premières heures de la journée, comme si ce lieu de rêve m'avait été privatisé. C'est l'un des atouts d'un voyage en van que de pouvoir profiter de spots incroyables à des moments où il n'y a plus / pas encore d'autres personne. Et d'y déguster thé et tartines pour bien commencer la journée.

 

Cascade Niagara

 

Ensuite, je me suis rendu, non loin de là, à la Vanilleraie du Grand Hazier où j'ai participé à une visite guidée du domaine (prix = 8 €, réservation conseillée en ligne sur le site officiel). Au cours de celle-ci, j'ai tout appris sur la vanille depuis son importation en provenance du Mexique, en passant par la mise au point de la technique de pollinisation (l'insecte pollinisateur de cette orchidée étant absent à La Réunion), jusqu'à la récolte des gousses, leur chauffage et leur séchage. Le domaine possède quelques jolis bâtiments historiques, une petite surface de plants de vanille cultivés sur tuteur et une autre sur arbres et sert de coopérative récupérant les gousses de nombreux autres producteurs locaux. C'est donc une visite assez complète et qui m'a assez plu. Comptez 1 h environ.

 

Vanilleraie du Grand Hazier à Sainte-Suzanne, La Réunion

 

En fin de matinée, j'ai ensuite pris la route du Cirque de Salazie (celui qui occupe Les Hauts dans le quart Nord-Est de l'île et auquel on accède par une route unique débutant à Saint-André). Le long de celle-ci, j'ai fait un premier arrêt pour déjeuner au restaurant de la Cascade Blanche où j'ai mangé un délicieux cari poulet. J'ai ensuite réalisé ma première randonnée sur l'île : celle menant à ladite Cascade Blanche (itinéraire 1068 du site Randopitons, 4 km en A/R, 150 m D+, 1 h 45). Cela a été une belle entrée en matière avec la découverte de cette chute d'une hauteur de 640 m ! Un peu plus loin, j'ai ensuite fait un second arrêt en bord de route (présence de quelques places de parking) pour admirer une autre cascade : le célèbre Voile de la Mariée. Et de rappeler que la côte Est de La Réunion (côte au vent) est la plus pluvieuse (même en saison sèche) ce qui lui confère le double avantage d'arborer une magnifique végétation et de nombreuses chûtes d'eau ! 

 

Cascade Blanche dans le Cirque de Salazie, La Réunion

Cascade Blanche

 

En milieu d'après-midi, j'ai atteint mon objectif du jour : le charmant village de Hell-Bourg niché au cœur du Cirque de Salazie (comptez environ 1 h de route depuis Sainte-Suzanne pour vous y rendre). Celui-ci est connu pour ses jolies cases créoles de couleurs pastels et sa douceur de vivre (liée à un relatif isolement géographique). Je m'y suis promené, au hasard des ruelles, puis y ai visité la Maison Folio (visite libre, prix = 5 €), superbe maison bourgeoise du XIXème siècle magnifiquement restaurée et entourée d'un jardin tropical idyllique ! 

 

Hell-Bourg dans le Cirque de Salazie, La Réunion

 

En fin de journée, je suis allé poser mon van juste avant l'entrée de Hell-Bourg, sur un parking en terre battue avec une magnifique vue sur le Piton D'Anchaing. Comme tous les soirs, j'ai trouvé ce spot via l'application Park4night (un indispensable du voyage en van pour localiser les points dodo avec les services associés). Il s'est agi ici du point 191261 de l'appli. Après une nuit face à une cascade, j'ai adoré m'y endormir (et m'y réveiller) face à la montagne !

 

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J3 - Randonnée au Trou de Fer

 

Pour mon troisième jour à La Réunion, j'ai donc eu la chance de me réveiller face au superbe Piton d'Anchaing. Comme souvent, j'ai davantage apprécié ce paysage au matin que quand j'y suis arrivé la veille. Il faut en effet savoir qu'à La Réunion le temps est souvent couvert dans l'après-midi et la nuit tombe très tôt toute l'année (vers 18h). L'horizon est donc souvent bouché et la luminosité faible en fin de journée. C'est donc à l'aube que j'ai pu découvrir cette belle montagne, de forme pyramidale trônant au centre du Cirque de Salazie, sous un soleil radieux.

 

Piton d'Anchaing dans le Cirque de Salazie, La Réunion

Piton d'Anchaing

 

Ensuite, je suis parti pour une grosse randonnée : celle menant au Trou de Fer depuis Hell-Bourg en passant par le Gîte de Bélouve (itinéraire 1739 du site Randopitons, 16 km en A/R, 900 m D+, 6 h).  Pour ce faire, j'ai d'abord rejoint son point de départ qui se trouve au-dessus du village, tout au bout de la route forestière (présence d'un grand parking et de panneaux d'information marquant le début du sentier). De là, je me suis engagé sur le chemin qui a marqué d'emblée un très fort dénivelé (avec passages en escaliers et mains-courantes). La première moitié de cette randonnée consiste en effet à se hisser au sommet d'un des remparts ceinturant le Cirque de Salazie pour y trouver, perché sur les hauteurs, ledit Gîte de Bélouve (d'où les cases de Hell-Bourg m'ont paru bien petites !).

 

Vue sur le Cirque de Salazie depuis le Gîte de Bélouve, La Réunion

Gîte de Bélouve

 

Une fois le gîte passé, j'ai entamé la seconde moitié de la randonnée qui m'a paru la plus intéressante. Le chemin entre en effet ici dans la Forêt de Bélouve qui n'est autre qu'une forêt primaire, humide et mystérieuse. Je m'y suis retrouvé plongé dans un décor quasi préhistorique, dominé par des fougères arborescentes et des arbres d'où descendaient de nombreuses lianes. Cela n'a pas été sans me rappeler certaines ambiances du Costa Rica

 

Forêt de Bélouve

 

En bout de parcours, j'ai atteint un belvédère d'où j'ai pu admirer l'objectif de cette rando : le fameux Trou de Fer. Il s'agit d'un gouffre (non accessible à pieds mais qu'il est possible de survoler en hélicoptère) dans lequel plonge une cascade de 725 m de dénivelée (la plus haute du territoire français et l'une des plus élevées au monde !). Ce fut un moment assez magique que de me retrouver face à ce paysage grandiose ! J'y suis donc resté un bon moment, y ai pique-niqué, avant de rentrer par le même chemin.

 

Cascade du Trou de Fer dans la Forêt de Bélouve, La Réunion

 

Trou de Fer

 

Cascade du Trou de Fer dans la Forêt de Bélouve, La Réunion

 

Vers 15h, de retour à mon van, est venu le temps pour moi de quitter le Cirque de Salazie. C'est une étape de mon voyage que j'ai beaucoup aimée et à laquelle je conseille de consacrer au moins 2 jours : l'un pour les "arrêts" classiques le long de la route y menant et l'autre pour randonner. Le Trou de Fer s'est révélé un choix exigeant mais aussi très spectaculaire ! On pourra lui préférer La Nouvelle par le Col des Bœufs ou tant d'autres possibilités de toutes durées et pour tous les niveaux (la randonnée étant l'activité phare à La Réunion). Pour mon départ, j'ai redescendu l'unique route du cirque jusqu'à Saint-André, d'où je me suis engagé sur des petites routes bucoliques jusqu'à Bras-Panon puis Saint-Benoît, pour enfin remonter vers Takamaka. Comptez 1 h 30 de route environ pour ce trajet. Arrivé à destination, je me suis garé pour la nuit au PK12 (point 173171 sur l'appli Park4nightque je découvrirai plus en détails le lendemain matin.

 

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J4 - Takamaka et route vers le volcan

 

Samedi 30 août, je me suis réveillé au PK12 de la vallée de Takamaka. Jusqu'en 1985, c'est ici que vivaient les ouvriers ayant construit puis exploité l'usine hydroélectrique située 4 km plus haut (au PK16). Aujourd'hui, cette cité ouvrière a laissé place à une aire de loisirs avec kiosques, aires de feux, de jeux et toilettes ce qui en fait un excellent point de bivouac. Après m'y être préparé, j'ai parcouru en van les 4 derniers kilomètres me séparant de la fin de la route où j'ai découvert, sur les lieux de l'ancienne usine, un belvédère avec vue impressionnante sur la Vallée de Takamaka. Ici, tout est digne d'un film de Jurassic Park : falaises verticales disparaissant sous la végétation, ravins escarpés et cascades dantesques ! Si je me suis contenté pour cette fois du point de vue, il faut savoir que le belvédère est aussi le point de départ de sentiers de randonnées descendant dans la vallée. Peut-être une idée pour moi pour une prochaine visite !   

 

Vue sur la Vallée de Takamaka depuis le belvédère du barrage de la centrale hydro-électrique, La Réunion

Vallée de Takamaka

 

J'ai ensuite repris la route pour aller marcher du coté du Bassin la Paix, situé non loin de Saint-Benoît. Arrivé à destination, j'ai trouvé un petit parking sur lequel je me suis stationné et où des panneaux sont là pour rappeler que l'accès au bassin est officiellement fermé. En revanche, il est le point de départ d'une courte randonnée, remontant en rive droite la Rivière des Roches, et qui permet d'avoir des vues sur d'autres bassins alimentés par des cascades bondissant d'étage en étage (dont le Bassin la Mer). Comptez environ 30 minutes de marche pour atteindre ce dernier (et autant pour en revenir). J'y ai fait une agréable promenade, entre nuages et éclaircies, avec de beaux passages à travers les champs de canne et de jolies vues sur la rivière, le tout agrémenté par le chant des oiseaux. 

 

Bassin la Paix, La Réunion

 

Après un déjeuner "humide" dans le van, j'ai remis le contact et dit au-revoir au quart Nord-Est de l'île (où j'aurai pris un bon bain de chlorophylle !). Direction à présent le volcan ! Pour cela, j'ai rejoint Saint-Benoît d'où j'ai bifurqué sur la N3 (route coupant l'île en diagonale de Saint-Benoît au Nord-Est jusqu'à Saint-Pierre au Sud-Ouest). Arrivé à Bourg-Murat (possibilité d'y visiter la Cité du Volcan), j'ai poursuivi mon trajet au cour duquel les paysages se sont peu à peu transformés : douces collines pâturées par des vaches puis forêt de conifères pour enfin atteindre de vastes étendues désolées de roches volcaniques peuplées seulement de quelques buissons tentant d'y survivre. Quelques kilomètres encore et je suis arrivé au Pas des Sables où la route, par quelques lacets spectaculaires, descend dans la Plaine des sables. Ici, tout est rouge, ocre, poussiéreux et l'on s'imaginerait volontiers arrivés sur la planète Mars !  

 

Plaine des Sables

 

Au bout de la Plaine des Sables, que l'on traverse par une piste poussiéreuse carrossable mais riche en nids de poules, j'ai atteint mon objectif du jour : le Pas de Bellecombe. Comptez environ 1 h 30 de route au total pour vous y rendre depuis Saint-Benoît via Bourg-Murat. Là, je me suis offert mes premières vues incroyables sur le volcan : le célèbre Piton de la Fournaise, avec son manteau gris de roches basaltiques et ses coulées noires pour les plus récentes. En fin de journée, soleil dans le dos, je l'ai découvert sous les meilleures lumières et y ai passé la nuit, croisant les doigts pour que la météo soit bonne le lendemain pour pouvoir le gravir ! 

 

Piton de la Fournaise vu depuis le Pas de Bellecombe, La Réunion

 

Pas de Bellecombe

 

Piton de la Fournaise vu depuis le Pas de Bellecombe, La Réunion

 

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J5 - Randonnée au Piton de la Fournaise

 

Pour mon cinquième jour à La Réunion, je me suis réveillé au volcan sous un soleil radieux. La météo s'annonçant excellente toute la journée, c'était le moment idéal pour le gravir. Je me suis donc préparé et suis parti pour cette nouvelle randonnée : le Cratère Dolomieu depuis le Pas de Bellecombe (itinéraire 1254 du site Randopitons, 12 km en A/R, 500 m D+, 5 h). Pour ce faire, j'en ai d'abord rejoint le point de départ qui est le petit portillon du Pas de Bellecombe. De là haut, la vue sur le Piton de la Fournaise est magnifique et on peut réaliser que le volcan occupe le centre d'une grande dépression circulaire bordée par un rempart au sommet duquel on se trouve : ce qu'on appelle en géologie une caldeira (nommée ici l'Enclos Fouqué). La géographie des lieux étant repérée, j'ai débuté ma descente dans la caldeira qui s'est effectuée par un escalier de 600 marches. Spoiler alert : au retour, il faudra les remonter ! 

 

Piton de la Fournaise vu depuis le Pas de Bellecombe, La Réunion

Pas de Bellecombe

 

Au fur et à mesure de ma descente, mon regard n'a pu se détacher du premier point d'intérêt du parcours : un petit cône volcanique dans la caldeira appelé Formica Leo (en référence au fourmilion, petit insecte dont la larve creuse un piège en forme de cône inversé au fond duquel elle précipite ses proies). Ce dernier est en quelque sorte un "bébé volcan", dont le tour se fait en quelques minutes, et qui s'est formé lors d'un épisode strombolien ayant eu lieu à l'intérieur de l'enclos en 1753.

 

Vue de détail sur le Formica Leo au Piton de la Fournaise, La Réunion

Formica Leo

 

Arrivé dans la caldeira, j'ai ensuite entrepris de la traverser en suivant méticuleusement les traces de peinture blanches dessinées sur la lave noire en direction du volcan. Cette partie de la randonnée s'est révélée la plus simple, puisqu'elle s'effectue à plat, et m'a permis d'observer de magnifiques laves cordées (ayant rempli la cuvette lors des éruptions successives). Rappelons ici que les laves cordées sont des laves particulièrement fluides (car pauvres en silice) s'écoulant parfois en de véritables "rivières de laves". Lors de leur refroidissement, qui commence toujours en surface au contact de l'air, elles se couvrent d'une fine pellicule durcie qui, au moindre obstacle à l'écoulement, va avoir tendance à se plisser figeant pour l'éternité des figures de courant.

 

Laves cordées au Piton de la Fournaise, La Réunion

 

Après ce passage à plat, je suis arrivé au pied du volcan dont j'ai commencé l'ascension. Celle-ci est de difficulté modérée puisqu'elle s'effectue en pente douce et régulière. Elle est par ailleurs l'occasion d'observer un autre type de laves. Le chemin traverse en effet, à partir de là, les coulées de lave noire que l'on voit descendre les pentes du volcan. En observant de plus près ces coulées, on peut voir que leur surface ne présente plus de figures de courant mais forme plutôt une "croûte de pain" très accidentée. C'est ce qu'on appelle des laves de type aa (encore appelées laves en gratons à La Réunion). Celles-ci ont la particularité d'être très visqueuses (car riches en silice) ce qui a pour conséquences un écoulement plus difficile et une libération plus difficile des gaz qu'elles contiennent. Lors de leur refroidissement, leur pellicule de surface ne cesse ainsi d'être fragmentée par la libération des derniers gaz ce qui concourt à leur donner ces formes torturées.

 

Laves en gratons au Piton de la Fournaise, La Réunion

Laves en gratons

 

La fin du chemin (assez longue) m'a vu contourner le cratère sommital (Cratère Dolomieu) dont on peut s'approcher du bord une fois passé du coté opposé. Le regard plonge alors dans les entrailles du volcan dont le cône, ce jour là, était entouré d'une magnifique mer de nuages. J'y ai alors pique-niqué avant de rebrousser chemin.

 

Cratère Dolomieu au Piton de la Fournaise, La Réunion

 

Cratère Dolomieu

 

Mer de nuages au Piton de la Fournaise, La Réunion

 

De retour à mon van en début d'après-midi, j'ai savouré ces instants mémorables auprès d'un de mes plus beaux volcans (avec l'Etna en Sicile et le Teide à Tenerife dans l'archipel des Canaries). J'ai ensuite repris la route, direction Sainte-Rose, où j'ai rejoint le littoral en 2 h de trajet environ. Pour le soir, j'ai établi mon spot dodo dans la marina de Sainte-Rose (qui me vaudra, le lendemain, un bien beau réveil).

 

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J6 - La Route des Laves de Sainte-Rose à Saint-Philippe

 

Pour mon sixième jour à La Réunion, j'ai donc eu le plaisir de me réveiller sur le petit port de Sainte-Rose. C'est un endroit où j'ai adoré passer les premières heures de la journée. Le lieu est mignon et authentique avec ses petites embarcations colorées posées sur l'eau, le clapotis des vagues sur les rochers noirs de basalte, et les hauteurs couvertes de végétation. Du petit parking, un sentier littoral démarre vers la Pointe Cayenne puis la Pointe Corail. Plus loin, il rejoint Piton-Sainte-Rose et enfin Anse des Cascades. Autant de points que j'ai choisi d'égrainer en véhicule ce jour mais qui peuvent faire tout aussi bien l'objet d'une magnifique randonnée de 3 h en aller simple jusqu'à Anse des Cascades (retour en bus). Et de débuter ma journée par une petite balade sur le port puis sur le début de ce sentier.

 

Port de Sainte-Rose, La Réunion

Port de Sainte-Rose

 

J'ai ensuite démarré ma route du jour qui m'a d'abord conduit à Piton-Sainte-Rose. Là, j'ai pu découvrir l'église Notre-Dame-des-Laves miraculeusement épargnée par la coulée de 1977 s'étant arrêtée... sur son seuil ! Mon arrêt suivant a été Anse des Cascades qui a été pour moi un nouveau coup de cœur ! L'endroit a tout du petit paradis exotique. On y trouve, comme son nom l'indique, de nombreuses cascades qui descendent, en autant de filets d'eau, une falaise couverte de végétation. Un chemin de planches y donne l'occasion d'une courte marche sans se mouiller les pieds. Dans l'anse, on retrouve quelques embarcations faisant face à l'océan puis les chemins vont "se perdre" dans un bosquet de palmistes à l'ombre desquels plusieurs kiosques invitent au pique-nique. Autres possibilités pour déjeuner : le snack et le restaurant bordant l'anse. Personnellement, mon choix s'est porté sur le restaurant où j'ai pris le buffet à volonté à 25€ permettant de découvrir toutes les spécialités locales (cari, rougail...).

 

Anse des Cascades

 

Anse des Cascades est aussi l'endroit où j'ai fait la connaissance d'un petit oiseau remarquable de l'île : le tisserin gendarme, encore appelé serin du Cap (Ploceus cucullatus). Ce passereau est notamment connu pour ses nids que les mâles confectionnent sans relâche en tissant des herbes de manière à former des sortes de "boules" ployant à l'extrémité des branches des grands arbres. Vivant en colonies de 20 à 60 nids pouvant rassembler jusqu'à 200 individus, leurs groupes ne passent pas inaperçus ! On notera également le fort dimorphisme sexuel chez cet oiseau dont les mâles ont le corps jaune vif, un masque noir couvrant bec, yeux rouges et gorge tandis que les femelles ont des couleurs plus discrètes et ne possèdent pas de masque.

 

Tisserin Gendarme, oiseau de La Réunion

 

En début d'après-midi, après un repas délicieux au restaurant d'Anse des Cascades (que je recommande pour le coup), j'ai repris la route du littoral qui m'a offert un spectacle saisissant ! Passé le rempart de Bois-Blanc (et jusqu'au rempart du Tremblet), on entre en effet dans le seul secteur où l'Enclos Fouqué (vous vous souvenez, la fameuse caldeira) n'est pas clos mais s'ouvre, en un cratère égueulé, sur l'océan. Il en résulte que lors des grandes éruptions du volcan Piton de la Fournaise, des volumes impressionnants de lave ont parfois pu descendre le long de son flanc Sud-Est allant jusqu'à se jeter dans la mer (agrandissant au passage, de manière significative, la surface de l'île !). Pour prendre la mesure de tels événements, ne manquez pas, en bord de route, l'arrêt au sein de la coulée de 2007. De là, un sentier descend à travers le champ de lave jusqu'à la côte puis longe le littoral le long duquel il est possible de randonner sur une distance plus ou moins longue.

 

Coulée de 2007 dans le Grand Brûlé, La Réunion

Coulée de 2007

 

Pour finir cette journée, à nouveau dominée par le volcan, je suis allé me garer au Puits Arabe (point 305949 sur l'appli Park4night). J'y ai effectué une courte balade jusqu'à la Pointe de la Table qui m'a donné l'occasion d'observer plusieurs types de laves dans la coulée de 1986 (laves cordées, orgues...) avec ce contraste saisissant entre le noir de la roche et le bleu de l'océan. J'y ai ensuite établi mon spot dodo ce qui s'est avéré un très bon choix. Je m'y suis en effet trouvé seul (ou presque) sur un parking en terre battue très naturel, donnant un accès direct aux falaises de basalte et à l'océan. Aucun service (eau, toilettes...) mais un cadre incroyable ! 

 

Sable noir et rochers basaltiques au Puits Arabe, La Réunion

Puits Arabe

 

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J7 - Le Sud Sauvage de Saint-Philippe à Saint-Joseph

 

Mardi 2 septembre, à l'exacte moitié de mon voyage, je me suis réveillé au Puits Arabe après y avoir passé une très bonne nuit. J'y ai pris mon petit déjeuner, à l'ombre des vacoas et face à l'océan, puis me suis un tout petit peu rapproché de Saint-Philippe pour aller voir un autre site aux falaises noires de basalte battues par les vagues : le Cap Méchant.

 

Falaise de basalte noir au Cap Méchant, La Réunion

Cap Méchant

 

Je suis ensuite monté vers les hauteurs de Saint-Philippe pour rejoindre le très connu Jardin des Parfums et des Épices où j'ai assisté à la visite guidée de 10h30 (prix = 10 €, toutes les infos pratiques sur le site officiel). Pour présenter ce lieu, je commencerai par dire que... ce n'est PAS un jardin (en tout cas, pas au sens où on pourrait l'entendre, avec des plantes soigneusement rangées et entretenues dans un but ornemental). Ici, j'ai découvert au contraire une exploitation agricole pratiquant l’agroforesterie. Le principe est, au milieu d'une forêt naturelle constituée d'essences locales (on parle pour les désigner de plantes indigènes), d'introduire des plantes de culture de divers horizons (plantes exotiques) créant ainsi un pêle-mêle de végétaux dans lequel le mot d'ordre est la diversité (tout l'inverse d'une monoculture intensive en quelque sorte). Une visite guidée y est quasi obligatoire pour ne pas passer à coté des bananiers, arbres à litchis, caféiers, cacaoyers qui, sans cela, sont presque invisibles ! Un lieu très inspirant !

 

Jardin des Parfums et des Epices à Saint-Philippe, La Réunion

 

Jardin des Parfums et des Epices

 

 

Après cette visite très instructive, j'ai pris la route de Saint-Joseph d'où j'ai à nouveau bifurqué vers les hauteurs pour me rendre à la Cascade de Grand Galet. Étant l'heure de déjeuner, je me suis arrêté en chemin, au bord de la rivière Langevin, au snack Chez Reine Lys où j'ai mangé un très bon pain bouchons gratinés. Puis, j'ai repris la route de la cascade. Attention : si celle-ci est convoitée par de nombreux visiteurs, il vaut mieux en revanche être averti que la route qui y mène présente des passages difficiles ! Un en particulier présente une très forte pente et franchit plusieurs lacets en épingles pas plus larges qu'une voiture. Klaxonnez bien à chaque virage avant de vous engager car un croisement pourrait vous donner des sueurs froides ! Et en haut d'admirer la chute tombant d'une falaise en de nombreux filets. Très joli ! 

 

Cascade de Grand Galet (ou Cascade Langevin), La Réunion

Cascade de Grand Galet

 

L'après-midi m'a vu redescendre vers Saint-Joseph d'où je me suis rendu à la Plage de Ti Sable. J'y ai trouvé une magnifique plage de sable noir (où la baignade est strictement interdite en raison du risque requin). A défaut de pouvoir m'y baigner, j'y ai fait une promenade magnifique. Pour cela, il suffit d'emprunter le chemin partant vers la gauche lorsqu'on se tient face à la mer. Celui-ci monte doucement vers les falaises puis surplombe l'océan avec, en bordures, de jolis filaos et autres vacoas. J'y ai pris un grand bol d'air comme à chaque arrêt sur la côte Sud-Est.

 

Plage de Ti Sable à Saint-Joseph, La Réunion

 

Plage de Ti Sable

 

 

En fin d'après-midi, c'est sur une autre plage que je suis allé me promener, celle de Grande Anse, qui possède un petit bassin de baignade protégé par des blocs de basalte. Pour le reste, j'y ai trouvé une plage de sable blanc bordée par une pelouse arborée très bien entretenue et fort agréable pour s'y détendre. Cet arrêt a aussi marqué un point de bascule dans mon voyage puisqu'il a fait la jonction entre la côte Est (jusque là très sauvage et peu fréquentée) et la côte Ouest (sur laquelle je savais que j'allais trouver beaucoup plus de monde). Grande Anse s'est d'ailleurs révélée très jolie mais aussi déjà assez fréquentée avec un très grand parking et de nombreuses infrastructures (dont des bars et restaurants de plage), raison pour laquelle j'irai dormir plus au calme, à Anse les Bas, sur un petit kiosque en bord de mer.

 

Plage de Grande Anse entre Saint-Joseph et Saint-Pierre, La Réunion

Plage de Grande Anse

 

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J8 - Saint-Leu et ses environs

 

Pour mon huitième jour à La Réunion, je me suis réveillé à Anse les Bas directement en front de mer. J'ai alors pris mon petit déjeuner au rythme indolent des vagues puis j'ai repris la route direction Saint-Leu. Sur ce trajet, j'ai constaté ce à quoi je m'attendais : multiplication des voies de circulation, densification du trafic, urbanisation galopante. Là où la côte Est est une ode à la nature, il faudra dès lors que j'arrive à m'extraire des villes pour continuer à profiter du charme authentique de l'île. Après 1 h de conduite environ, principalement sur la N1 qui est la route littorale longeant la côte occidentale, je suis arrivé à destination. J'ai alors bifurqué vers les Hauts (Les Colimaçons) pour me rendre à mon premier spot du jour : Mascarin - Jardin Botanique de La Réunion. J'y ai effectué une visite libre d'environ 2 h (prix = 7 €, toutes les infos pratiques sur le site officiel). C'est un jardin que j'ai beaucoup aimé, comme tous les autres que j'ai pu visiter pendant mon séjour (Jardin de l’État à Saint-Denis, jardin créole de la Maison Folio à Hell-Bourg, Jardin des Parfums et des Épices à Saint-Philippe...), et j'ai eu plaisir à y découvrir de nombreuses variétés réparties sur un grand domaine divisé en plusieurs zones thématiques (caféiers du monde, bambouseraie, plantes lontan, verger créole, succulentes, palmiers, orchidées et fougères) entre lesquelles sillonnent de nombreuses allées agrémentées de panneaux de direction et autres étiquettes donnant aux visiteurs toute l'autonomie nécessaire.

 

Mascarin - Jardin Botanique de La Réunion

 

Dans le secteur des plantes lontan, le jardin propose une collection de végétaux ayant occupé une place majeure dans l'histoire de l'île. L'un d'eux est la canne à sucre (originaire de Tahiti en Polynésie française). Celle-ci fut introduite sur l'île en 1768 par le comte de Bougainville et elle occupe aujourd'hui près de la moitié des terres agricoles. Outre le fait qu'elle participe grandement à l'identité des paysages, ses deux principaux débouchés sont, évidemment : le sucre et le rhum.

 

Canne à sucre au Jardin Mascarin, La Réunion

Canne à sucre au Jardin Mascarin

 

Si vous envisagez de visiter ce jardin, je vous conseille de le faire le matin. D'abord, on sait que la météo réunionnaise réserve toujours un temps plus clair de bonne heure. Ensuite, cela vous permettra de finir votre visite vers midi autour de la très belle demeure historique qui en occupe le centre. Celle-ci abrite une petite boutique et présente des expositions temporaires et permanentes. Elle est par ailleurs agrémentée d'un beau bassin dans lequel les carpes koï nagent au milieu des nénuphars. Enfin, dans les bâtiments annexes, vous trouverez un petit snack et le restaurant Le Vieux Pressoir qui sont l'occasion d'un déjeuner dans un cadre on ne peut plus paisible. Perso, j'ai adoré y prendre mon repas. 

 

Demeure historique au Jardin Mascarin, La Réunion

Demeure historique du Jardin Mascarin

 

L'après-midi, je suis redescendu des Colimaçons vers les Bas de Saint-Leu. J'ai donc rejoint progressivement le littoral ce qui m'a donné l'occasion de me rendre à Kéloniacentre d'observation et de soin des tortues marines. J'y ai effectué une visite libre d'environ 2 h (prix = 9 €, toutes les infos pratiques sur le site officiel). Ici, vous trouverez tout ce qu'il faut pour découvrir ces animaux incroyables : plusieurs espaces muséographiques bien aménagés et très instructifs, différents bassins... La pièce maîtresse est l'immense bassin central dans lequel évoluent plusieurs pensionnaires. On le découvre tout d'abord en extérieur avec une vue à fleur de l'eau, puis du sous-sol avec une vision sous-marine à travers une vitre, et enfin de l'étage avec un balcon d'observation panoramique. Puis vient la partie dédiée aux soins avec des individus d'abord isolés dans des petits bassins individuels lorsqu'ils se trouvent en convalescence puis regroupés avec d'autres individus dans des bassins plus grands lorsque leur état de santé s'est amélioré avant d'être relâchés en liberté lorsque cela est possible.

 

Kélonia, centre d'observation et de soin des tortues marines à Saint-Leu, La Réunion

 

En fin d'après-midi, suis allé m'installer sur un kiosque en bord de mer un peu en retrait pour une nouvelle nuit dans ma petite maison sur roues. Pour un séjour plus long sur Saint-Leu, n'hésitez pas à compléter votre programme par un vol en parapente, une visite à la Maison du Coco ou encore une découverte d'une curiosité naturelle : le Souffleur ! 

 

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J9 - Saint-Gilles et ses environs

 

Jeudi 4 septembre, je me suis réveillé aux environs de Saint-Leu d'où j'ai repris la route en direction de Saint-Gilles. Mon trajet, de 20 minutes à peine, s'est effectué sur la N1 longeant le littoral. Arrivé à destination, je me suis rendu, pour la matinée, au Jardin d’Éden où j'ai effectué une visite libre (prix = 8 €, toutes les infos pratiques sur le site officiel). Ce jardin, assez petit, m'a offert une promenade agréable au sein d'espaces joliment aménagés. A l'entrée, une brochure vous sera remise avec un itinéraire de visite conseillé et des informations sur les plantes rencontrées. Il se visite donc très bien en autonomie. Comptez environ 1 h.

 

Jardin d'Eden à Saint-Gilles, La Réunion

 

Parmi les espèces rencontrées, citons le magnifique Pachypodium lamerei ou Palmier de Madagascar. Celui-ci n'est en réalité pas un vrai palmier mais il doit cette dénomination au fait qu'il porte ses feuilles exclusivement au sommet de son "tronc" (ce qui lui en donne l'allure). Il s'agit en réalité d'une plante succulente dont la tige, à l'âge adulte, constitue le principal réservoir d'eau formant un arbre-bouteille. Dernière caractéristique, et non la moindre : son écorce grise garnie d'épines coriaces groupées par trois. C'est au final un magnifique sujet très singulier que j'ai eu plaisir à découvrir.

 

Pachypodium lamerei

 

En fin de matinée, j'ai ensuite rejoint la Plage de l'Ermitage, située juste à coté du jardin. J'y ai d'abord déjeuné au très bon restaurant Le Bénitier avant d'aller profiter de ses différents atouts. Si vous venez à La Réunion dans un but balnéaire, il faut savoir que les plages ouvertes à la baignade se cantonnent presque exclusivement à la côte Ouest de l'île. Il s'agit en effet de la "côte sous le vent" qui, protégée des vents et des précipitations, bénéficie d'un temps globalement plus sec et plus ensoleillé que celui de la côte Est. Par ailleurs, les plages sont ici longées par un récif corallien qui isole un lagon dans lequel les baigneurs sont à l’abri des attaques de requins. Pour toutes ces raisons, c'est là que l'on vient profiter de la mer à La Réunion (Saint-Gilles-les-Bains, l'Ermitage-les-Bains et la Saline-les-Bains). Personnellement, j'ai beaucoup aimé la Plage de l'Ermitage. En effet, malgré son succès, j'ai trouvé que celle-ci a su conserver un coté sauvage avec notamment un haut de plage occupé par de nombreux arbres (dont les célèbres filaos) entre lesquels il fait bon tirer son hamac. La plage en elle-même est une plage de récif faite de sable grossier et de nombreux débris de coraux (attention aux pieds). Quant à l'eau turquoise, n'oubliez pas masque et tuba puisque sous celle-ci, les poissons colorés assurent l'essentiel du spectacle !

 

Plage de l'Ermitage à Saint-Gilles, La Réunion

 

Plage de l'Ermitage

 

 

En fin d'après-midi, j'ai décidé de rester sur place jusqu'au coucher du soleil et pour passer la nuit. Outre son joli cadre, la Plage de l'Ermitage est en effet aussi très pratique pour la vie en van puisqu'elle possède des wc et douches répartis en plusieurs blocs sanitaires offrant un confort très appréciable. Attention toutefois aux soirs de week-end où l'ambiance festive est peu propice au sommeil. En semaine, très calme.

 

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J10 - Saint-Paul et ses environs

 

Vendredi 5 septembre, je me suis réveillé sur la Plage de l'Ermitage après y avoir passé une très bonne nuit. J'ai alors profité de la présence des blocs sanitaires pour prendre une bonne douche, très revitalisante, et faire toute la logistique liée à un voyage en van (vidange des eaux grises, recharge des eaux claires, linge, vaisselle...). C'est donc frais comme un gardon que j'ai repris la route en direction de Saint-Paul. Pour m'y rendre, j'ai à nouveau roulé sur la N1 et suis arrivé à destination en une vingtaine de minutes seulement. Comme nous étions vendredi, jour de marché (le marché forain de Saint-Paul se tient chaque vendredi toute la journée et chaque samedi matin), je me suis garé un peu à l'écart pour rejoindre ledit marché à pieds. Sur place, entre quelques volaillers et poissonniers, j'ai découvert de nombreux étals de fruits et légumes, épices, confitures, miels...  ainsi que d'autres proposant des objets artisanaux (principalement issus de Madagascar). Sans être un grand adepte du shopping, j'ai apprécié y respirer l'ambiance locale, y acheter quelques souvenirs et aller me promener sur la plage de sable noir située juste en contrebas.

 

Marché forain de Saint-Paul

 

Après cette visite du marché, je suis allé me balader un peu dans les ruelles du centre-ville avant de prendre le chemin du retour vers mon véhicule. C'est alors que, dans un square, j'ai rencontré plusieurs beaux lézards appartenant à l'espèce Agama agama (en français, l'agame des colons ou margouillat). A propos de ce reptile, il faut savoir qu'il n'est pas originaire de La Réunion ; il y a en effet été introduit accidentellement par bateaux en provenance d'Afrique au milieu des années 1990. Depuis, il s'est propagé au point d'être considéré aujourd'hui comme une espèce invasive exerçant notamment une pression de prédation sur les populations endémiques de geckos pour lesquels il représente un danger. Sur le plan morphologique, il faut dire que ce gros lézard est assez impressionnant notamment les mâles pouvant mesurer jusqu'à 40 cm de longueur (queue comprise) et affichant des couleurs vives (tête rouge, corps bleu et queue arc-en-ciel). Les femelles, plus petites, arborent quant à elles des teintes plus sobres (avec seulement quelques tâches colorées sur le dessus de la tête). Une rencontre qui ne laisse pas indifférent !

 

Agame des colons ou margouillat, lézard de La Réunion

 

Agame des colons

(femelle en haut, mâle en bas)

 

Agame des colons ou margouillat, lézard de La Réunion

 

Après un déjeuner sur le pouce, le début d'après-midi m'a vu prendre la route du Maïdo. Comme tous les trajets vers les hauts, celui-ci m'a réservé son lot de virages (sur une route néanmoins tout à fait assez large et de très bonne qualité) et un défilé de paysages changeant avec l'altitude. J'ai particulièrement aimé la fin du trajet lorsque la forêt s'est éclaircie laissant place peu à peu à des landes ouvertes illuminées par les ajoncs en fleurs. Il n'en fallait pas plus pour me donner envie de me garer et d'y improviser une courte marche.

 

 

Route du Maïdo

 

 

Après 1 h de route environ depuis Saint-Paul (sans compter les pauses), j'ai enfin atteint le Belvédère du Maïdo (où un vaste parking permet de se stationner sans aucune difficulté). Avant toutes choses, précisons que les nuages venant régulièrement boucher les paysages sur les hauteurs de l'île dès la fin de la matinée, il est plutôt conseillé de venir ici tôt le matin (voire pour le lever du soleil). Pour ma part, j'ai pris le risque d'y arriver dans l'après-midi et j'ai eu la chance de découvrir un panorama parfaitement dégagé (ce qui n'est pas souvent le cas). Donc consultez bien votre appli météo avant de monter. Pour le reste, le Belvédère du Maïdo c'est tout simplement LE point de vue sur le mythique Cirque de Mafate. De son rempart, on distingue bien les villages du Haut Mafate : La Nouvelle, Marla et Roche Plate (de quoi donner de belles idées pour une randonnée itinérante lors d'un prochain voyage).

 

 

Belvédère du Maïdo

 

Vue sur le Cirque de Mafate depuis le Belvédère du Maïdo, La Réunion

 

En fin de journée, le décor du Maïdo m'ayant particulièrement plu, j'ai choisi d'y rester pour la nuit. Pour ce faire, j'ai tout simplement commencé à en redescendre les pentes pour m'arrêter rapidement sur l'un des kiosques jalonnant la route d'accès. Nuit avec vue garantie ! 

 

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J11 - Randonnée au Cap Noir - Roche Verre Bouteille

 

Pour mon onzième jour à La Réunion, je me suis réveillé sur les pentes du Maïdo après y avoir passé une nuit magique, sans un bruit. Le ciel étant bleu et le soleil éclatant, je m'y suis préparé et me suis mis en mode randonnée ! Objectif du jour : la randonnée dite du Cap Noir - Roche Verre Bouteille (itinéraire 1402 du site Randopitons, 3 km en boucle, 320 m D+, 1 h 30). Pour ce faire, j'ai d'abord rejoint son point de départ en redescendant du Maïdo puis en remontant vers Dos d’Âne par la D3 puis la D1. Arrivé à destination, j'ai rencontré quelques difficultés pour me garer : soyez en effet prévenus qu'il s'agit d'une rando assez populaire, empruntée par beaucoup de monde, et que le parking, situé en bout de route, est vite complet. Dans ce cas, il est possible de stationner le long de la route, sur l’accotement, en restant vigilent cependant. Et de profiter dès le début de jolies vues sur le village de Dos d’Âne.

 

Dos d’Âne

 

Le départ du sentier, juste à coté du parking principal, est marqué par un panneau d'information. On s'y engage pour trouver rapidement une fourche indiquant "Cap Noir" à droite et "Roche Verre Bouteille" à gauche. Personnellement, j'ai choisi, comme décrit sur le site Randopiton, de démarrer vers la gauche et donc de faire ma boucle dans le sens des aiguilles d'une montre (l'inverse étant évidemment possible). Le sentier vers la Roche Verre Bouteille marque alors d'emblée une forte élévation, avec le franchissement de blocs nécessitant de poser les mains, raidillon heureusement de courte durée. En se retournant, on découvre que l'on a déjà pris pas mal de hauteur.

 

Sentier vers la Roche Verre Bouteille

 

Passé le raidillon, le chemin suit à présent une ligne de crête. Pour les personnes sujettes au vertige, je déconseille cet itinéraire qui comporte plusieurs passages assez exposés (notamment ici). Mais quel plaisir de découvrir la vue dégagée sur le tout petit Cirque de Dos d'Ane. D'ici, on découvre que la partie haute du village consiste en quelques habitations éparses entourées de cultures maraîchères. Et de comprendre pourquoi ce village est le principal producteur de salades et autres légumes de la région.

 

Cirque de Dos d’Âne

 

Arrivé à la Roche Verre Bouteille, le chemin bascule ensuite de l'autre coté de la ligne de crête sous laquelle il redescend en direction du kiosque du Cap Noir. Si vous venez randonner par ici, sachez que cette partie du sentier est officiellement fermée car sujette à des risques d'éboulements. Vous l'empruntez donc sous votre entière responsabilité. Cette descente peut par ailleurs s'avérer ardue, avec le franchissement de plusieurs échelles. Mais quelle récompense que de découvrir de magnifiques vues sur le Bas Mafate (complétant parfaitement la vue que l'on a du Maïdo sur le Haut Mafate). Mention spéciale pour la Crête de la Marianne (à gauche) et le Piton Cabris (à droite) : les deux formations rocheuses sur lesquelles le regard ne cesse de se poser ! 

 

Vue sur le Cirque de Mafate depuis le Belvédère du Cap Noir à Dos d'Ane, La Réunion

Crête de la Marianne et Piton Cabris

vus du sentier du Cap Noir

 

De retour au parking après cette marche courte mais exigeante, j'ai profité de l'agréable aire de repos qui y est aménagée pour pique-niquer. Il était alors samedi 6 septembre 14 h 00 et mon tour de l'île était fini. J'ai alors décidé de retourner vers le lagon pour y passer quelques jours de repos en attendant mon avion retour vers la métropole. Les découvertes en voyage, c'est bien ; se reposer, ça l'est tout autant ! 

 

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